Engagement et intégration du Maroc avec les pays d’Afrique sub-saharienne

Engagement et intégration du Maroc avec les pays d’Afrique sub-saharienne

I. Introduction :

Le Royaume du Maroc entretient avec les pays de l’Afrique subsaharienne une relation séculaire, caractérisée par des liens géographiques, humains et commerciaux importants.

La vision africaine du Maroc, un impératif stratégique avec des opportunités exceptionnelles, est traduite dans les faits par les multiples visites effectuées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en Afrique, qui ont permis de renforcer davantage ces liens pour un développement humain et économique durable des pays de l’Afrique subsaharienne.

Conformément aux Hautes Orientations, le Maroc « œuvre à renforcer et à diversifier ses relations économiques avec les pays du continent et à encourager les investissements mutuels entre eux, tant au niveau bilatéral que dans le cadre des instances et des regroupements régionaux », « travaille inlassablement à faire prévaloir les causes du continent africain, notamment celles liées à son développement », et œuvre à initier des accords de libre échange avec les pays du continent africain dans la perspective de « réaliser une intégration économique régionale ».

Le Royaume s’est assigné comme objectif stratégique de hisser la coopération du Maroc avec les pays africains au niveau d’un véritable partenariat, sud-sud et tripartite. L’intérêt accordé par le Maroc à l’Afrique est justifié notamment par :

• La réussite des entreprises marocaines en Afrique ;

• L’intérêt de la participation effective du capital marocain dans les grands chantiers ouverts en Afrique dont les retombées pourraient être bénéfiques ;

• La nécessité d’offrir aux investisseurs des marchés alternatifs, pour faire face à l’intensité de la concurrence sur les marchés traditionnels ;

• La volonté de contribuer de manière soutenue au développement humain et économique durable de l’Afrique subsaharienne.

Des efforts non négligeables ont été déployés par le Royaume du Maroc afin de consolider son positionnement sur les marchés africains à travers, la signature d’accords de commerce et d’accords de libre échange, notamment en cours de discussion avec l’UEMOA (Union Economique et Monétaire ouest africaine) et la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale) et la mise en place d’un cadre juridique incitatif pour le commerce et l’investissement avec les pays de ce continent

Le Royaume a en parallèle, mené des actions à caractère promotionnel visant à faciliter l’accès du secteur privé marocain aux marchés africains.

Projet de mise en place d’un cadre juridique basé sur
l’Accord de libre-échange entre le Maroc et les Etats-Unis pour
le renforcement du partenariat économique avec l’Afrique subsaharienne

Le Maroc, dans l’objectif de renforcer sa coopération économique dans la région et mettre à profit les mécanismes bilatéraux avec les Etats-Unis, propose la mise en place d’un partenariat triangulaire avec les Etats-Unis et certains pays africains.

1. Il s’agit de la mise en place d’un cadre juridique basé sur l’Accord de libre échange entre le Maroc et les Etats-Unis, dont la particularité serait l’extension à certains pays africains, des préférences, notamment relatives à l’accès au marché et aux règles d’origine.

2. Concrètement, ce mécanisme permettrait à travers des investissements maroco-américains, de bénéficier d’un cadre juridique intégré qui permettrait d’investir et vendre dans la région dans un cadre préférentiel.

3. La mise en place d’un tel mécanisme au Maroc permettrait aux entreprises intéressées de bénéficier des atouts qui caractérisent l’économie marocaine dans un contexte régional Nord et Est assez instable sur les plans économique et parfois politique. Ces atouts sont :

• Un modèle Socio-économique performant offrant des perspectives de développement sûr, caractérisé par des fondamentaux économiques solides.

• Une Stratégie globale d’impulsion des politiques sectorielles permettant une visibilité claire sur les opportunités d’investissement et un accompagnement adapté par le Développement effectif d’infrastructures de classe mondiale.

• Un Cadre juridique libéral et diversifié cohérent avec la position géostratégique du Royaume, sa diversité culturelle et sa proximité historique avec ses voisins particulièrement le Continent africain.

4. Ce mécanisme d’intégration ciblerait les secteurs phares d’intérêt pour nos deux pays ainsi que pour la région, notamment la sécurité alimentaire, l’accès à l’énergie, les BTP, les services financiers etc…

5. Il s’agit également de permettre l’intégration économique de ces pays africains dans la région et avec les Etats-Unis. En effet une telle action permettrait une intégration triangulaire de facteurs de production, essentiellement le capital, le savoir-faire et les ressources naturelles et l’accès à une production plus compétitive pour l’ensemble des partenaires.

6. Cette proposition permettrait au Maroc de renforcer les avantages qui pourraient découler de l’Accord de libre-échange entre le Maroc et les Etats-Unis. Cet Accord en effet prévoit, une disposition juridique permettant aux deux parties d’inviter des pays tiers à intégrer le cadre de cet accord.

7. L’article 5.13 relatif au « Cumul régional » de l’Accord de libre-échange entre le Maroc et les Etats-Unis, offre la possibilité de la réalisation d’une intégration économique régionale, « à la date qui sera fixée par les Parties, et à la lumière de leur désir de promouvoir l’intégration régionale, les Parties entreront en discussion en vue de décider du niveau d’intégration des matières produites dans les pays de la région, qui pourra être pris en compte pour la satisfaction des conditions d’origine prévues par le présent Accord, en tant qu’étape à la réalisation d’une intégration régionale. »

II. Commerce et Investissement avec l’Afrique :

Les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique ont atteint 36 MM DH en 2013, traduisant une hausse des exportations à destination de l’Afrique sub-saharienne, plus importante que celle vers l’Afrique du nord.

Le solde commercial du Maroc avec l’Afrique subsaharienne s’est amélioré, passant d’un déficit de près de 7,2 millions dirhams en 2000 à un excédent commercial de 4,71 milliards en 2013.

Bien que la part du Maroc au niveau de ce marché ait progressé entre 2000 et 2013, passant de 0,14% à 0,3%, son poids commercial demeure encore faible dans cette région. Néanmoins, le Maroc se positionne relativement mieux comparativement à d’autres pays de l’Afrique du Nord, notamment l’Algérie et la Tunisie.

Le Maroc est le second investisseur en Afrique, après l’Afrique du Sud, et le 1er pays africain dans la zone UEMOA. La présence économique du Maroc dans plusieurs pays du Continent se traduit par l’intérêt accordé par plusieurs entreprises publiques et de grands groupes privés en matière d’investissement, pour soutenir le développement économique et social de ces pays.

De grands Groupes marocains sont présents dans des secteurs potentiels, tels que les mines, la banque, l’assurance, l’électricité, l’immobilier, le tourisme, le BTP, le transport aérien…

Tags : Maroc, Afrique subsaharienne, CEDEAO, UEMOA,

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