Journalistes français corrompus : Entre Ben Ali et Mohammed VI

Le Maroc et la Tunisie, deux pays d’Afrique du Nord étroitement liés à leur ancienne métropole, la France. Sous le régime de Ben Ali, ils avaient le système dictatorial comme dénominateur commun. Malgré les relations de complicité avec le gouvernement français, Rabat et Tunis partagent aussi la peur de la société française. Raison pour laquelle les deux régimes vont dépenser des sommes faramineuses dans le lobbying.
En Tunisie, Ben Ali avait créé l’Agence tunisienne de communication extérieure (ATCE). Au Maroc, c’est la DGED, le service d’espionnage marocain qui fait le boulot de soigner l’image du pays à l’Etranger. Les moyens et les méthodes sont les mêmes : l’argent et la corruption. Des rémunérations gracieuses, beaucoup d’avantages et des vacances sous le soleil de Tunisie et du Maroc. Les bénéficiaires de la générosité des dictateurs du Maroc et de la Tunisie ne sont ni plus ni moins que le nec plus ultra de la presse française.
Le 29 juin 2011, le Canard Enchaîné se faisait l’écho du scandale qui a secoué la sphère médiatique française. Il dévoilait la liste des journalistes que l’ATCE leur a graissé la patte avec des sommes mirobolantes, avec des voyages sous des prétextes futiles ou fictifs, ou des frais imaginaires : Etienne Mougeotte du Figaro, Nicolas de Tavernost de M6, Dominique de Montvalon du journal Le Parisien, Alain Weil, patron de RMC-BFM TV, mais également Michel Schifres et Marie-Ange Horlaville, journalistes du Figaro, Gérard Gachet, ancien de « Valeurs actuelles », Françoise Laborde, présentatrice du JT de France 2. 
« L’histoire, comme une idiote, mécaniquement se répète», a dit Paul Morand (1888-1976). En voilà un exemple encore. Trois ans après le scandale des amis de Ben Ali, vient la honte des amis de Mohammed VI. Ils ont été dénudés par le cyber-activiste connu sous le nom de Chris Coleman. Leurs noms sont bien connus : Vincent Hervouet, de LCI et ancien président de l’association de la presse diplomatique française, Mireille Duteil, du Point, Dominique Lagarde, de L’Express et José Garçon, ancienne journaliste à Libération. Cette dernière est connue en Algérie pour son acharnement contre le régime de ce pays et se présente actuellement comme spécialiste du monde arabe et elle s’est découvert un côté humain en lançant une initiative de soutien aux victimes civiles en Syrie. Elle critique violemment le régime de Bachar Al-Assad, alors qu’elle n’a que de louanges pour le régime sanguinaire de Rabat.

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