La Femme Rurale au Maroc 

La Femme Rurale au Maroc 

Au Maroc, les femmes rurales représentent 41,6% des 16.4 millions de femmes que compte le Royaume. Elles sont relativement plus jeunes que leurs congénères citadines (29% ont moins de 15 ans contre 24% en milieu urbain), et vivent moins longtemps que leurs concitoyennes en milieu urbain, leur espérance de vie étant de 73 ans contre 79.4 ans pour les citadines.

Selon le Haut Commissariat au Plan, cette situation s’explique par le taux élevé de mortalité maternelle et infantile en milieu rural. Et à ce titre, il est nécessaire de rappeler que dans nos compagnes, seule 57% des femmes bénéficient d’une assistance médicale à l’accouchement, contre 93% en milieu urbain.

L’objectif du Maroc est de mettre en place un processus d’appui et d’encadrement en faveur de la femme rurale. Le Maroc a fait le choix de s’engager dans un développement soutenu à travers de grands projets socio-économiques. Dans ce mouvement, le monde rural bénéficie d’une attention toute particulière où la promotion de la femme constitue un axe stratégique de réflexion et d’intervention. La femme rurale est partie prenante et une composante incontournable de toutes les mesures engagées dans ce sens. Plus encore, la réussite de cette démarche est fortement tributaire de l’implication de la femme rurale car elle est un acteur incontournable et essentiel.

A cet effet, le Gouvernement marocain, soutenu par des ONG, explore et discute les moyens à mettre en œuvre pour conduire des actions avec des objectifs définis et mesurables.

Par ailleurs, lors du Congrès International pour la Valorisation de la Femme Rurale organisé cette année par l’Union Nationale des Femmes du Maroc (UNFM), plus de sept conventions de partenariat ont été signées, dont l’essentiel concerne les moyens à déployer pour assurer la promotion et l’autonomisation de la femme rurale.

Ces conventions de partenariat ont été principalement signées avec différents ministères, mais aussi avec L’Entité des Nations Unies pour l’Egalité des Sexes et l’Autonomisation des Femmes. De plus, il y a eu la participation de la Représentation de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) au Maroc qui s’est concrétisée par la signature d’une Convention de partenariat entre l’UNFM du Maroc et la FAO, ayant pour objectif de garantir le renforcement des capacités des femmes rurales, encourager l’adhésion des femmes aux organisations structurées et partager avec l’UNFM les bonnes pratiques ayant trait à tous les domaines, impliquant la femme rurale tels que la sécurité alimentaire, la gestion durable des ressources naturelles et la gestion des systèmes de productions animales.

La politique genre intégrée dans le Plan Maroc Vert 

Le Plan Maroc Vert vise à améliorer la valorisation de la femme rurale, qui fournit un énorme travail, comme en témoignent les multiples projets dans différents domaines : oliveraies, arganier, safran…etc.

Le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime accompagne certaines coopératives dans les domaines de certification, de formation aux normes sanitaires, d’aide à l’exportation, de transfert de savoir-faire, de mise en place de plateforme de démonstration pour les agriculteurs et de formation des femmes rurales dans un cadre d’intégration de l’aspect genre dans le développement des filières concernés.

Femmes « Soulaliyates » 

Depuis 2006, les femmes « Soulaliyates » luttent pour la reconnaissance de leur droit, sur un pied d’égalité avec les hommes, à la terre.

Soutenues par plusieurs ONG, elles ont réussi à porter haut leurs voix sur la scène publique. Ainsi, depuis 2007, une large campagne de plaidoyer auprès des pouvoirs publics a été mise en place au même registre qu’un partenariat opérationnel avec le Ministère de l’Intérieur, aux niveaux central, régional et local. Ce dialogue a permis de répondre à une série de situations de crise dans les terres collectives et a incité le Ministère de l’Intérieur à reconnaitre leurs droits aux terres collectives.

Pour la première fois au Maroc, les femmes « Soulaliyates » de la commune urbaine de Mehdia ont bénéficié des mêmes droits que les hommes en recevant, en Mars 2013, des lots de terrain de même dimension.

La femme et la sécurité alimentaire 

Le défi à relever à l’avenir par la communauté internationale consistera à poursuivre les efforts pour atteindre l’égalité dans l’accès des femmes aux ressources, afin de leur permettre de produire plus.

Selon la FAO (rapport 2012), les femmes, produisent entre 60 à 80% des aliments dans la plupart des pays en développement, et sont responsables de la moitié de la production alimentaire mondiale. Pourtant, ce n’est que tout récemment que leur rôle clé de productrices et pourvoyeuses de vivres et leur contribution vitale à la sécurité alimentaire du foyer, ont reçu toute l’attention qu’ils méritent.

Malgré leur rôle pivot de productrices et pourvoyeuses d’aliments pour la consommation familiale dans les pays en développement, les femmes n’ont encore qu’un accès limité aux ressources et services indispensables ;

Accès à la terre : Les femmes possèdent moins de 2% de la terre, alors que le pourcentage des ménages dirigés par des femmes continue de s’accroître ;

Accès au crédit : Pour les pays où les informations sont disponibles, seuls 10% des crédits sont octroyés aux femmes ;

Accès aux intrants agricoles : L’accès des femmes aux intrants techniques tels que les semences améliorées, les engrais et les pesticides est limité car, dans bien des cas, elles ne bénéficient pas des services de vulgarisation et sont rarement membres de coopératives ;

Accès aux services d’éducation, de formation et de vulgarisation : Les 2/3 du milliard d’analphabètes dans le monde sont des femmes et des fillettes. Les chiffres disponibles montrent que seuls 5% des services de vulgarisation visent les femmes rurales et seulement 15% des vulgarisateurs sont du sexe féminin ;

Accès à la prise de décision : Compte tenu du rôle traditionnellement limité des femmes dans les processus de prise de décision au niveau du ménage, du village et du pays dans la plupart des cultures, souvent leurs besoins, leurs intérêts et leurs problèmes ne sont pas pris en compte dans l’élaboration des politiques et des lois qui jouent un rôle important dans l’élimination de la pauvreté, la sécurité alimentaire et la durabilité écologique ;

Accès à la recherche et aux techniques appropriées : Les femmes n’ont guère accès aux avantages de la recherche et des innovations, notamment dans le domaine des cultures vivrières, qui, malgré leur importance dans la sécurité alimentaire familiale et communautaire, ne jouissent que d’une faible priorité dans la recherche sur l’amélioration des cultures ;

Recommandations

• Créer un cadre normatif et référentiel approprié pour assurer la sécurité juridique qui garantirait les droits citoyens de la femme rurale et ses acquis sociaux, économiques et culturels ;

• Mettre en place un système d’accompagnement, d’encadrement et de renforcement des capacités de la femme rurale;

• Favoriser la participation de l’homme au côté de la femme, pour faciliter l’accès de la femme aux ressources et aux réseaux de distribution ;

• Garantir aux femmes rurales l’égalité des droits humains dont les droits politiques, civils, économiques et sociaux, tels que l’accès à la propriété foncière et aux crédits, à l’éducation, à la santé et à la protection sociale ainsi qu’en matière de travail rémunéré.

Tags : Maroc, femme, genre, égalité, droits politiques, droits sociaux,

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