« La question du Sahara occidental est une affaire de décolonisation » (Messahel)

Editorial

C ’est un constat sans complaisance que vient de dresser le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, devant ses homologues de l’UMA réunis à Tunis. Abdelkader Messahel a mis le doigt sur l’immobilisme de cet ensemble régional et l’inadaptation de ses institutions et de ses textes, y compris son traité constitutif, avec les exigences du moment. Argument à ce plaidoyer, seuls sept textes juridiques sur trente-sept sont entrés en vigueur. 
C’est que l’UMA est otage de ses propres contradictions. La première – et sans doute la plus pesante-réside dans son texte constitutif qui laisse tout loisir à tout pays membre de geler l’activité de l’UMA quand il veut. Cela s’est vérifié lorsque le Maroc a décidé, de façon unilatérale, de geler l’UMA, pour faire pression sur l’Algérie concernant le dossier du Sahara occidental, alors que c’est l’ONU qui prend en charge la question sahraouie depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, en 1991. 
Depuis le sommet de Tunis tenu en avril 1994, les chefs d’Etat maghrébins ne se sont plus réunis. Présentement, comme le rappelle Messahel, la situation de l’Union du maghreb arabe ne prête guère à l’optimisme. Pourtant, le caractère vital et incontournable de cette Union et la nécessité de la redynamiser font consensus. 
A l’heure des grands ensembles régionaux, le Maghreb se doit de dépasser les petits calculs étroits pour se projeter dans un processus de réformes véritable et rapide afin de rattraper le temps perdu. La réalisation de ces objectifs passe par la modernisation globale des structures de l’UMA, la révision de ses mécanismes et son mode de fonctionnement. 
Un impératif d’autant plus urgent que des menaces sécuritaires pésent lourdement sur la région, particulièrement le terrorisme et le crime organisé, auxquels aucun pays ne peut, seul faire face. «La réponse à ces menaces reste tributaire de la capacité des pays de l’UMA à s’adapter aux mutations régionales et internationales et l’intensification de leur coordination dans le cadre d’une stratégie maghrébine globale qui tienne compte des dimensions sécuritaires et de développement et consacre les valeurs de modération», soutient, fort justement, Messahel. 
Aujourd’hui, l’UMA est à la croisée des chemins. Elle doit repenser ses structures, son action commune et ses objectifs. Ce n’est qu’à ces conditions qu’elle pourra espérer gagner sa place comme entité qui compte dans ce monde n’accordant aucun crédit aux ensembles fantômes. Pour ce faire, les pays du Maghreb disposent d’atouts considérables pour édifier un véritable ensemble régional. 
« La question du Sahara occidental est une affaire de décolonisation » (Messahel)
Le ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes, Abdelkader Messahel, a réaffirmé, jeudi dernier, à Tunis, la position de l’Algérie à l’égard de la question du Sahara occidental qui constitue « une affaire de décolonisation » et une question qui « relève de l’ONU ». 
La position de l’Algérie à l’égard de la question du Sahara occidental est « claire et est similaire à celle de l’ONU dont toutes les résolutions affirment qu’il s’agit d’une question de décolonisation inscrite sur la liste des pays non autonomes depuis 1963, qui sera traitée sur cette base », a déclaré Messahel à la presse en marge de la 34e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères des pays de l’UMA. 
Le règlement de la question « relève de la responsabilité de l’ONU et consiste à permettre l’autodétermination du peuple sahraoui, conformément aux résolutions de l’ONU », a-t-il ajouté. 
Par ailleurs, le ministre a estimé que les pays du Maghreb « doivent soutenir la Libye », souhaitant que la capitale libyenne abrite dans les semaines à venir la prochaine session des pays du voisinage.

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