Le cauchemar du Makhzen

Par Kamel Moulfi
Une fin de mois difficile s’annonce pour le Makhzen. Le mercredi 29 octobre, le Maroc sera paralysé par une grève nationale de 24 heures, à laquelle ont appelé les trois plus importantes organisations syndicales du pays. 
Tous les secteurs d’activité, en premier lieu la fonction publique, sont concernés par ce débrayage destiné à faire entendre la protestation contre la hausse des prix et le projet de réforme du système des pensions, qui comprend notamment le recul de l’âge de départ à la retraite, des mesures prises sous l’injonction du FMI et des bailleurs de fonds qui exigent du Maroc la réduction de ses dépenses publiques. 
Les policiers marocains seront-ils de la partie ? La question n’est pas déplacée si on n’exclut pas une éventuelle contamination à partir de l’exemple donné par les policiers de notre pays. Le Makhzen s’en inquiète-t-il ? Il devrait y penser, car la police marocaine a plus de raisons de grogner que la nôtre et elle pourrait saisir l’occasion de la grève générale du 29 octobre pour revendiquer, elle aussi. 
Au Maroc, les policiers vivent dans une misère totale, sous-équipés, mal fagotés, «sous-instruits, peu formés». Comme salaires, ils touchent des clopinettes, pour reprendre un terme utilisé par les observateurs marocains qui sont au fait des réalités de ce corps de sécurité défavorisé et pourtant essentiel au royaume. 
Les policiers marocains sont, en outre, traumatisés par les cas d’abus et d’impunité dont sont victimes, dans leurs locaux, les personnes interpellées. Mais le Makhzen fait mine d’ignorer ce qui s’apparente à un cauchemar, et regarde ailleurs. Il semble «nourrir» le désir irrépressible de voir la protesta des policiers algériens dépasser les hommes en bleu pour atteindre les militaires. Ce rêve est raconté dans les médias marocains aux ordres. Ils ne veulent pas voir dans ce mouvement des policiers le signe que la société algérienne avance à grands pas sur le chemin de la démocratie grâce à la vivacité de son peuple. De même que la réaction du pouvoir, même si elle est encore insuffisante, confirme cette tendance au dialogue et à la concertation sans violence aucune. Au Maroc, la moindre étincelle de ce genre serait fatale pour le pays.
K. M.

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