LE CONSTANT ÉCHEC DU MAROC

La question du Sahara occidental a été largement traitée lors de la réunion du Conseil de l’Internationale socialiste (IS) qui s’est déroulée récemment à Luanda, la capitale angolaise, en présence de deux membres du Polisario, à savoir Mohamed Sidati et Malainine Sadik.
Dans sa résolution sur la question sahraouie, le conseil de l’IS « encourage de manière décisive les efforts des Nations unies pour trouver une solution politique au Sahara occidental conformément aux résolutions de l’ONU, et demande au Maroc et au Front Polisario de reprendre et d’intensifier les négociations directes comme l’a demandé le secrétaire général de l’ONU, dans la recherche d’une solution durable au sein de la structure définie par les Nations unies. L’Internationale socialiste a tenu sa seconde réunion du Conseil en 2015 à Luanda, accueillie par le MPLA, son parti membre en Angola. 
Les participants se sont retrouvés dans la capitale angolaise en représentation des partis et organisations membres de l’IS en Afrique, en Europe, en Amérique latine, en Asie et au Moyen-Orient. La réunion a examiné les thèmes principaux, « œuvrer pour la stabilité, la paix et la sécurité dans le monde à une période de crise », « lutter pour l’égalité et les progrès communs dans un monde interdépendant » et « COP21 – Notre but pour un accord universel et contraignant, des engagements communs, des exigences différenciées et des objectifs précis ».
Cette décision intervient à un moment important de la diplomatie sahraouie, qui a obtenu avant-hier un succès retentissant à travers la condamnation par la cour de justice européenne qui vient d’annuler l’accord agricole UE-Maroc. 
La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a prononcé en effet l’annulation, avec effet immédiat, de l’accord controversé sur la libéralisation du commerce des produits agricoles et halieutiques du Maroc, conclu en mars 2012 entre le royaume chérifien et l’UE. La décision concernant la conclusion de l’accord, sous forme d’échange de lettres entre l’Union européenne et le royaume du Maroc, relatif aux mesures de libéralisation réciproques en matière de produits agricoles, de produits agricoles transformés, de poissons et de produits de la pêche, établissant une association entre les communautés européennes et leurs Etats membres d’une part, et le royaume du Maroc d’autre part, est annulée en ce qu’elle approuve l’application dudit accord au Sahara occidental (occupé) », est-il écrit dans un jugement rendu jeudi 10 décembre 2015 par la CJUE. Selon le même arrêt, la CJUE estime que le Conseil de l’Union européenne n’a pas vérifié si l’exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental sous occupation marocaine se faisait ou non au profit de la population sahraouie. 
La population du Sahara occidental n’a pas été consultée, bien que l’ONU ait décidé qu’aucune activité de ce genre ne peut être engagée si elle ne répond pas à la volonté de la population du territoire. Des chercheurs de renom en droit international ont déclaré à plusieurs reprises que l’UE viole le droit international au Sahara occidental.
L’ancien sous-secrétaire général des Nations unies aux affaires juridiques, Hans Corell, avait déclaré à propos de l’accord de pêche UE-Maroc : « Il est clair qu’un accord de ce type, qui ne fait pas la distinction entre les eaux adjacentes au Sahara occidental et les eaux adjacentes au territoire du Maroc, viole le droit international. » Un avis partagé par le service juridique du Parlement européen et plusieurs Etats membres. 
Par une démarche qui fera date, le Polisario avait porté en novembre 2012, devant la Cour européenne de justice, un accord de libre-échange UE-Maroc. Un recours similaire pour l’accord de pêche UE-Maroc est engagé par le Front Polisario devant la CJUE. Hier à Alger, le président sahraoui a affirmé que le Maroc est de plus en plus « isolé » sur la scène diplomatique internationale, suite au briefing devant le Conseil de sécurité de l’Envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, qui avait achevé une tournée dans la région. 
« Le Maroc est de plus en plus isolé sur la scène internationale », a déclaré M. Abdelaziz, à l’issue d’une cérémonie organisée en son honneur par la Commission nationale consultative de la promotion et de la protection des droits de l’homme (CNCPPDH), qui lui a décerné son prix annuel en reconnaissance à son combat et son militantisme pour la libération du Sahara occidental occupé et le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, depuis plus de 40 ans. 
« C’est illégal, inacceptable et contraire à la légitimité internationale », a qualifié M. Mohamed Abdelaziz les déclarations d’officiels marocains voulant entraver M. Ross dans ses efforts pour un règlement juste et définitif du conflit au Sahara occidental occupé depuis 1975 par le Maroc que soutient la France.Le 14e congrès du Polisario, prévu du 16 au 20 décembre à Dakhla, est attendu par le peuple sahraoui qui espère depuis plus de trente ans une issue favorable à sa cause. 
Une commission restreinte désignée par le comité permanent du Polisario est à pied d’œuvre depuis plusieurs mois pour la préparation de la 14e édition dudit congrès, auquel participeront quelque 2 475 délégués. Les travaux du congrès, qui aura comme slogan « Force, planification et volonté pour imposer l’indépendance nationale et la souveraineté », seront accueillis par les camps de la wilaya de Dakhla, où les structures ont été reconstruites suite aux dégâts engendrés par les dernières intempéries. 
Des délégations étrangères, dont celle représentant l’Algérie, sont également invitées à ce congrès. Plusieurs pays d’Afrique, d’Amérique Latine, d’Asie et d’Europe seront représentés certains à un haut niveau politique.

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