Le Front Polisario demande au Conseil de sécurité de clarifier la mission de la MINURSO

Le Front Polisario a exigé vendredi à New York du Conseil de sécurité de clarifier la mission confiée à la Minurso, en affirmant que le silence de cet organe onusien sur ce dossier est «synonyme d’abdication de responsabilités». «Vous et notamment les membres du conseil de sécurité, devez clarifier si la mission octroyée à la Minurso était celle d’un gardien d’une occupation illégale», a déclaré Ahmed Boukhari, représentant du Front Polisario devant la commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation de l’Assemblée générale de l’ONU. 
«Le peuple du Sahara occidental, qui a beaucoup confié à l’ONU mérite cette clarification de votre part (…) voyant ce qu’est devenue la Minurso, le silence ou la patience est synonyme d’abdication de responsabilités. Ils ne sont plus une option convaincante», a-t-il affirmé. Et d’ajouter que le Conseil de sécurité doit assumer ses responsabilités afin d’arrêter le pillage à grand échelle des ressources du Sahara occidental et la violation systématique des droits de l’homme, dont la dernière victime a été le prisonnier politique Hassana Elwali, décédé il y a moins d’une semaine à la prison de la ville occupée de Dakhla. 
M. Boukhari a regretté que la mission de la Minurso chargée d’une œuvre de paix à savoir l’organisation d’un référendum d’autodétermination soit transformée progressivement par le Maroc comme le parapluie d’une occupation coloniale. «La décolonisation du Sahara occidental ne saurait être confondue ou limitée au remplacement d’un colonisateur européen par un colonisateur afro-arabe voisin», a-t-il tenu à souligner. Le représentant du front Polisario s’est dit encouragé par certains développements récents qui pourraient «offrir une nouvelle occasion de sortir de l’impasse», citant en cela la nomination de l’ancien président du Mozambique, M. Joaquim Chissano comme envoyé spécial de l’Union africaine pour le Sahara occidental et l’annonce faite par le secrétaire général de l’ONU en avril 2014 sur son intention de faire une évaluation finale du processus de paix d’ici à avril 2015. 
M. Boukhari a accusé le Maroc de multiplier les obstacles à la mission de l’envoyé personnel Christopher Ross qui doit se rendre dans la région une fois par mois pour mener cette évaluation. Jusqu’ici, M. Ross n’a pas pu effectuer ses visites mensuelles car le Maroc «sous le prétexte de subterfuges et manœuvres dilatoires a décidé de ne pas coopérer, faisant ainsi obstacle à la continuité des efforts de médiation de l’ONU», a dénoncé le représentant du Front Polisario. 
Pour les mêmes raisons d’obstruction, le Maroc «a dénigré publiquement la désignation de M. Chissano et n’a pas encore permis à la nouvelle chef de la Minurso la canadienne Kim Bolduc d’aller au Sahara occidental pour prendre ses nouvelles fonctions», a-t-il relevé. Le conseil de sécurité devrait se réunir le 27 octobre prochain pour une première évaluation de la démarche de l’envoyé personnel pour le Sahara Occidental. Si aucun progrès n’est réalisé d’ici à cette échéance, le Conseil de sécurité devrait alors procéder à une révision complète du cadre du processus des négociations entre le Front Polisario et le Maroc. 
Inscrit depuis 1963 sur la liste des territoires non autonomes, et donc éligible à l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU portant déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples colonisés, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique qui est occupée depuis 1975 par le Maroc avec le soutien de la France.
R. I.

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