Le Maroc, le Mali et la région sahélo-saharienne

Le Maroc s’efforce depuis des années à mettre en garde la communauté internationale contre les risques qui pèsent de plus en plus sur la région du Sahel et du Sahara.

Ces risques se sont davantage aggravés suite à la chute du régime libyen et la dispersion des groupes armés, favorisant, ainsi la multiplication des foyers de terrorisme international qui diffusent dans un espace de plus en plus vaste et incontrôlable, forts de leur alliance les mouvements séparatistes et les réseaux de criminalité transnationale organisée (trafic de drogues, trafic illégal des armes, blanchiment d’argent, traite des personnes et trafic de migrants…).

Les enlèvements perpétrés par le groupement armé Boko-harame au Nigeria viennent rappeler que la menace terroriste est aussi en expansion au sud du Sahel.

C’est dans le cadre de  l’engagement constant du Maroc en faveur du rétablissement de la paix au Mali et de la consolidation des processus démocratiques dans les pays de région que Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, a pris part en septembre 2013, à la cérémonie d’investiture du nouveau président malien, M. Ibrahim Boubacar Keita.

Lors de sa visite, et conformément à la volonté de SM le Roi Mohammed VI, Amir Al-Mouminine, et de M. Ibrahim Boubacar Keita, le Maroc formera 500 imams maliens sur plusieurs années, selon un accord qui porte sur la coopération en matière religieuse souscrit par le ministre des Habous et des Affaires islamiques M. Ahmed Toufik et le ministre malien de l’Administration territoriale et de la décentralisation, M. Moussa Sinko Coulibaly. La signature de cet accord entre dans le cadre de la contribution du Maroc pour faire face aux menaces de l’extrémisme.

Il y a lieu de rappeler que, le Mali a connu les manifestations les plus brutales d’extrémisme, de terrorisme et de séparatisme. (enlèvement des ressortissants étrangers et l’assassinat de deux journalistes français au Mali en novembre 2013).

Le Maroc a condamné les incursions illégitimes dans un pays jouissant de sa pleine souveraineté, vandalisant et ravageant les symboles du patrimoine culturel, notamment dans la ville de Tombouctou, la capitale spirituelle du Mali, et s’efforçant d’imposer leurs idées obscurantistes et d’ébranler les fondements islamiques que le peuple malien frère s’est choisis depuis toujours.

Il n’est pas question que du Mali, mais bien d’un péril dont les ramifications s’étendent à tous les pays de la région, et qui tend à ébranler leur stabilité et à mettre à mal leur unité.

Le Maroc, en tant que membre non permanent du Conseil de Sécurité, salut l’action de la Communauté Internationale qui a permis d’endiguer et de s’employer à stopper la conquête du Sud Mali, avant de s’atteler à la libération du Nord. Tout ceci s’est déroulé conformément aux objectifs escomptés des résolutions pertinentes des Nations Unies.

Le Royaume du Maroc, qui entretient avec les pays du Sahel et du Sahara des relations historiques séculaires, fondées sur la fraternité africaine immuable et les valeurs civilisationnelles communes, n’hésite pas à leur manifester sa solidarité pleine et entière dans la défense de leur souveraineté et la préservation de leurs choix nationaux, contre toute forme de terrorisme pratiqué au nom de l’Islam qui, du reste, s’oppose à toute atteinte à la vie et aux sacralités.

De même, le Maroc estime que le manque de stabilité dans la région sahélo-saharienne est une problématique qui appelle une solution globale et générale conçue dans le cadre de la légalité internationale. Une solution conjuguant des efforts internationaux fermes, précis et harmonieux et déployant tous les moyens d’anticipation et de soutien possibles sur les plans sécuritaire et politique.

Pour le Maroc, l’approche sécuritaire doit être accompagnée d’une stratégie globale basée sur le renforcement de la démocratie, de la stabilité sociale, et de la bonne gouvernance dans la région, avec le concours et l’appui de la communauté internationale.

Pour garantir les chances de sa réussite, cette stratégie globale ne doit pas perdre de vue les spécificités et interactions géographiques, démographiques et autres entre le Maghreb et la région sahélo-saharienne.

En sa qualité de membre non permanent du Conseil de Sécurité, le Maroc n’a ménagé aucun effort pour faire face à la dégradation de la situation dans la région du Sahel et du Sahara que ce soit à l’occasion de l’adoption des résolutions du Conseil de Sécurité 2085 et 2100 ou encore à l’occasion de la Conférence ministérielle régionale sur la sécurité aux frontières tenue à Tripoli au mois de mars 2013.

Tags : Maroc, Mali, Sahel, terrorisme,

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