Le Maroc tente d’arracher les Îles Canaries au Polisario

Le Maroc tente d’arracher les Îles Canaries au Polisario

S’agissant de la question du Sahara Occidental, la plupart des déclarations officielles présentées par les responsables canariens appuient toute solution négociable qui puisse satisfaire les parties en litige. L’exemple à citer à ce sujet de M. Antonio Castro Cordobez, Président du Parlement des Iles Canaries qui a déclaré, lors d’un déjeuner de travail au Consulat Général le 25 mars 2010, en présence aussi du Porte-parole du groupe parlementaire de Coalicion Canaria, M. José Barragàn que si le Maroc applique l’autonomie au Sahara, ce sera un pas vers la solution définitive du problème.

Dans le même contexte, le Président du gouvernement canarien, Paulino Rivero, a demandé l’intervention de l’Union Européenne pour trouver une solution au conflit du Sahara, en précisant que la meilleure voie pour trouver une issue à ce problème reste « le dialogue, la sagesse et le droit international » (MAP-novembre 2010).

L’affaire du Sahara

Actuellement, les hautes personnalités de la politique canarienne et un ample secteur des trois grands partis canariens (PSOEPSC, CC et PP), voient d’un bon œil une autonomie des provinces sahraouies sous souveraineté marocaine comme par exemple certains membres du gouvernement autonome, les ex-présidents du gouvernement autonome et les membres du Parlement Canarien.

Cependant, il existe un groupe de parlementaires qui sympathisent encore avec la cause indépendantiste et des secteurs dans ces mêmes partis qui continuent à soutenir les séparatistes. Ces secteurs se situent entre les jeunes militants, la plupart influencés depuis leur enfance par la propagande quotidienne dans les moyens de communication, dans la rue, à l’école, etc… et surtout celle des comités d’appui au peuple sahraoui. Il existe dans chaque île un comité avec représentation dans chaque municipalité, à cela il faut ajouter tous les petits partis séparatistes, les petits partis de gauche nationaux, tels que IU, les Verts, UPyD (Union du Progrès et de la Démocratie), les syndicats, certains moyens de communication, tous ces groupes de pression exercent encore une influence dans la société à cause de leur martèlement quotidien en faveur du Polisario et de l’Algérie.

La majorité de ces groupes soutiennent le Polisario :

1) Par solidarité idéologique, pensant que le polisario est un mouvement de libération d’idéologie progressiste,

2) A cause de leur méconnaissance des réalités historiques, culturelles, d’identité, etc… des provinces marocaines du sud,

3) Ils pensent qu’il existe un peuple appelé « peuple sahraoui » ayant sa propre histoire et identité,

4) Par manque de communication suffisante entre les dirigeants politiques des deux gouvernements et de la part de la société civile. Le Maroc est appelé à prendre l’initiative afin d’éclaircir ces points de vue concernant ces provinces du Sud et essayer de convaincre les secteurs politiques pro-Polisario par l’intensification des contacts politiques et socioculturels avec l’élite politique et intellectuelle canarienne.

Cependant, des changements favorables à notre cause sont en train de se produire grâce aux événements qui se succèdent actuellement dans la région et dans toute l’Afrique : les pays dont les gouvernements sont faibles commencent à effrayer les Canariens car ces derniers perçoivent que s’ils ne peuvent pas contrôler leurs frontières, ils seront une proie facile pour les mouvements terroristes et les différents réseaux qui opèrent en dehors de la loi comme par exemple les enlèvements d’Européens dans la région du Sahel et des coopérants espagnols en Mauritanie.

Le secteur plus intellectuel de ces groupes commence déjà à reconnaître que, grâce au Maroc, les
Îles Canaries sont beaucoup plus protégés. Par conséquent, tous les intellectuels canariens reconnaissent que le seul pays du Maghreb qui peut leur offrir sécurité et de très bonnes relations de voisinage c’est le Maroc.

De même, les Chambres de Commerce canariennes, la Fédération des Entrepreneurs canariens, aussi bien de la province de Las Palmas que celle de Tenerife, ainsi que tous les entrepreneurs en général ne cessent de faire pression sur le gouvernement et sur les partis politiques pour continuer à développer et consolider les bonnes relations avec le Maroc.

Associations pro-Polisario :

Aux Iles Canaries, il existe trois principales associations pro-Polisario ayant leur siège dans les capitales des deux provinces canariennes :

a) Asociacion Canaria de Solidaridad con el Pueblo Saharaui (Las Palmas)

b) Asociacion Canaria de Amistad con el Pueblo Saharaui (Tenerife)

c) Coordinadora Sindical de Apoyo al Pueblo Saharaui (Las Palmas)

Toutes ces associations sont des organisations non-gouvernementales ayant des finalités très similaires, à savoir :

-Encourager et organiser l’aide humanitaire au peuple sahraoui ;

-Conseiller, informer et défendre les droits du peuple sahraoui ;

-Revaloriser et faire connaître aux Espagnols les particularités et les traditions sahraouies ;

-Intensifier les contacts humains et culturels avec le peuple sahraoui ;

-Organiser des voyages culturels, récréatifs et touristiques au Sahara ;

-Coopérer avec tous les organismes internationaux qui assument les buts de ces associations et particulièrement avec l’Organisation des Nations-Unies et la Croix Rouge Internationale ;

-Obtenir des actions efficaces des autorités correspondantes pour la consécration de leurs finalités,

-Diffuser et appuyer les Résolutions de l’ONU sur les droits à l’autodétermination des peuples ;

-Appuyer et exiger la célébration d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui

Pour accomplir leurs finalités, les associations développent tous types d’activités, comme des causeries d’information, des activités culturelles, des jumelages de municipalités canariennes avec des « wilayas sahraouies », des campagnes de sensibilisation, des voyages aux camps des réfugiés en Algérie, des concentrations, envoi d’aide humanitaire, ainsi que la réalisation de programmes d’accueil des enfants sahraouis au sein des familles canariennes.

D’autre part, le site web de l’Asociacion Canaria de Solidaridad con el Pueblo Saharaui souligne que l’association est née pour collaborer avec beaucoup d’autres associations qui existent dans la majorité des villes et villages espagnols avec la finalité de donner appui et solidarité au peuple sahraoui et que cet appui se traduit fondamentalement dans l’envoi d’aliments, médicaments, chaussures, vêtements, matériel scolaire, effets et matériels divers, matériel hospitalier, … en collaborant, à partir d’ici, pour que leur rêve de terre et de liberté puissent se réaliser. Elle ajoute que les sahraouis, obligés à vivre loin de leur terre, dans un lieu inhabitable du désert, conservent l’espoir de pouvoir retourner un jour à leur pays et reconstruire leurs vies sur la terre de leurs ancêtres.

Il est à mettre en exergue, également, que l’Asociacion Canaria de Amistad con el Pueblo Saharaui a reçu le Prix Canaries 2007 dans sa modalité « Actions Altruistes et Solidaires », un des prix les plus importants concédé par la Communauté Autonome des Îles Canaries car, selon le jury, son activité suppose, pour ces îles, étendre des ponts de tolérance. Il s’agit d’une reconnaissance pour la constante sensibilisation au peuple canarien sur les situations que vit le peuple sahraoui dans les camps des réfugiés de Tindouf.

A souligner, également, que le Coordinadora Sindical de Apoyo al Pueblo Saharaui (Coordinatrice Syndicale d’Appui au Peuple Sahraoui) a pour objectif de collaborer dans la lutte pour les droits sociaux et du travail du peuple sahraoui et essayera d’éviter les agressions et dénoncer ceux qui les provoquent, la défense des droits humains au Sahara et la fin « des activités de persécution et de harcèlement ». Que l’Espagne reconnaisse la « RASD » comme un Etat souverain, que le gouvernement marocain mette fin à sa présence au Sahara Occidental et qu’il cesse l’exploitation des ressources naturelles du Sahara sont d’autres de ses objectifs.

Il est à signaler, également, que les syndicats CC.OO (Commissions Ouvrières), UGT (Union Général des Travailleurs), Intersindical Canaria, COBA et Convergancia Sindical Canaria, viennent de s’unir à cette association de coordination, avec l’intention de défendre le respect des droits humains et sociaux au Sahara.

D’après des estimations émanant des représentations associatives, l’Algérie aurait destiné près de 300 millions de dollars aux lobbies et médias espagnols pro-polisario. Le Parti Populaire espagnol aurait alloué 100 millions de dollars à des actions visant à instrumentaliser la question du Sahara pour des visées électorales et pour faire pression sur le gouvernement socialiste, quand celui-ci était au pouvoir.

Tags : Maroc, Sahara Occidental, Front Polisario, îles Canaries,

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