Les Palestiniens et les Sahraouis oubliés

La visite, en Algérie du président palestinien Mahmoud Abbas, remet la question de la Palestine au devant de la scène politico-médiatique algérienne. Bien que le combat des Palestiniens soit également le nôtre, il y a lieu d’admettre que cette question s’est vue un peu éclipsée en raison des gros problèmes à nos frontières.
Il faut dire que les quatre grands conflits en Afrique et au Moyen Orient ont jeté un voile sur deux vieux problèmes que l’humanité traîne depuis plus de 36 ans pour l’un et près de 70 ans pour l’autre dans les mêmes régions. En effet, le Mali et la Libye d’un côté, la Syrie et l’Irak de l’autre, vers où convergent les inquiétudes des Occidentaux, des Africains et des arabes relèguent au second plan les questions de décolonisation au Sahara occidental et en Palestine.
Les deux époques sont différentes, l’origine des conflits également, mais l’on constate dans les deux cas, une volonté occidentale de maintenir la plaie ouverte. Les Britanniques, les Français et les Américains, le trio de pays qui n’ont pas hésité à attaquer l’Egypte de Nasser en 1956, pour sauver Israël, tentent aujourd’hui de pousser les pays du monde à entrer dans un conflit international et ouvert contre la Syrie.
Un seul objectif sous-tend cette attitude guerrière: fragiliser au maximum le pays-cible pour le rendre dépendant de leur volonté et l’offrir à Israël, dont le rêve de contrôler le monde arabe n’a jamais été aussi près d’être réalisé.
Dans ce monde arabe, il y a également l’Algérie. Après l’échec de l’anéantissement de cette grande nation, le même trio milite pour allumer la mèche d’un autre conflit aux conséquences insoupçonnables aux frontières sud du pays. Pareille perspective n’anéantira certainement pas l’Algérie, mais risque de l’affaiblir au sens où elle aura, en tant que puissance régionale, à gérer une situation inextricable où des dizaines de pays impliqués dans la guerre voudraient tirer profit de la situation.
Le but des Occidentaux à travers l’internationalisation des conflits syrien, irakien, libyen et malien est sans doute de créer des foyers permanents de tension qui viendraient s’ajouter aux questions palestinienne et sahraouie. Cela reléguera aux calendes grecques le règlement des plus importantes et légitimes revendications de l’humanité depuis l’imposition par les pays du tiers monde du principe de l’autodétermination.
Il est vrai que ces conflits arrangent deux alliés objectifs de l’Occident: Israël et le Maroc. Le printemps arabe et l’AQMI ont complètement occulté les souffrances de deux peuples arabes encore sous le joug de l’occupation. Comme quoi, le terrorisme sert les pouvoirs les plus injustes de la planète.
Par Smaïl Daoudi
OUEST TRIBUNE, 25/12/2014

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