L’UMA, une priorité pour le Maroc

L’UMA, une priorité pour le Maroc

L’édification de l’espace maghrébin constitue une priorité de la politique étrangère du Royaume du Maroc, animé par une forte volonté de reconstruction de l’Union du Maghreb Arabe suivant une vision tournée vers l’avenir.

Il s’agit également d’une option stratégique consacrée par la Constitution du Maroc qui souligne, dans son préambule l’appartenance du Maroc à l’UMA.

Le coût du non-Maghreb

Le coût du non-Maghreb graviterait autour de 2,5 points du PIB. cette perte en termes de croissance du PIB se traduit par un déficit en termes d’opportunités de création d’emploi. C’est aussi une perte au niveau des échanges avec l’extérieur.

Le commerce entre les Etats d’Afrique du Nord équivaut à 1,3 % de leurs échanges extérieurs, le taux régional le plus bas du monde, alors que l’UMA représente un marché de quelques 90 millions d’habitants.

Selon une étude faite par la Direction des études et des prévisions financières relevant du Ministère des Finance, si l’Union maghrébine existait, elle aurait fait gagner aux cinq pays une valeur ajoutée annuelle de l’ordre de 10 milliards de dollars par an, soit l’équivalent de 5% de leurs produits intérieurs bruts cumulés.

La même étude fait ressortir un manque à gagner en terme d’échanges commerciaux estimé à près de 980 millions de dollars annuellement, les hydrocarbures non compris, et à 2,1 milliards de dollars si on prend en compte les importations de produits énergétiques en provenance d’Algérie et de Libye.

La Banque mondiale a estimé qu’une intégration maghrébine plus approfondie (qui prend en compte la libéralisation des services et la réforme du climat des investissements) serait en mesure de faire croître le PIB réel par habitant entre 2005 et 2015 respectivement de 34%, 27% et 24% supplémentaires pour l’Algérie, le Maroc et la Tunisie.

En attendant, la concrétisation de l’intégration maghrébine, le Maroc poursuit ses efforts en vue de renforcer ses relations bilatérales avec l’ensemble des partenaires maghrébins, y compris l’Algérie voisine, répondant ainsi aux aspirations pressantes et légitimes des peuples de la région, notamment en ce qui concerne la libre circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services.

La nécessité de l’avènement d’un nouvel ordre maghrébin :

Le marasme économique et les menaces d’instabilité que connaît la région, ainsi que les mutations sociales et politiques qui sont à l’œuvre au niveau de l’environnement maghrébin sont autant de facteurs qui nous incitent à favoriser l’émergence de ce nouvel ordre maghrébin.

Dans ses Discours du 6 novembre 2011 et du 30 juillet 2012, Sa Majesté le Roi a dressé une feuille de route pour l’action du Maroc dans l’espace maghrébin en exhortant à « tout mettre en œuvre, tant sur le plan bilatéral qu’au niveau régional, pour la concrétisation des attentes des générations présentes et à venir qui aspirent à l’avènement d’un ordre maghrébin nouveau, qui transcende l’état de dispersion qui prévaut dans la région et l’enfermement dans les postures figées et les antagonismes stériles, et qui ouvre la voie au dialogue, à la concertation, à la complémentarité, à la solidarité et au développement ».

Louant les bénéfices de l’intégration maghrébine, Sa Majesté le Roi a ajouté : « un Maghreb qui, fort des cinq pays qui le composent, serait un véritable moteur de l’unité arabe, un partenaire agissant de la coopération euro-méditerranéenne, un facteur de stabilisation et de sécurisation de la zone sahélo-saharienne, et un acteur structurant de l’intégration africaine ».

Pour se faire, les pays du Maghreb doivent s’engager dans la voie d’un dialogue sérieux et constructif pour l’édification d’un avenir commun meilleur fondé sur :

Le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des Etats membres et du respect du principe du bon voisinage tel que stipulé par l’article 15 de la charte de l’UMA.

Une nouvelle gouvernance maghrébine susceptible de permettre une utilisation optimale des potentialités humaines et naturelles dont regorgent les pays du Maghreb.

Un système qui se soucie de faciliter le réseautage des infrastructures des pays membres, l’assainissement du climat d’affaires pour favoriser les investissements, l’unification des politiques douanières et financières, la promotion de la liberté de circulation des personnes.

Les transformations majeures que connaît la région nous offrent une opportunité historique de sortir l’Union maghrébine de l’immobilisme pour lui imprimer une dynamique porteuse d’un développement durable et intégré, dans le cadre du nouvel ordre maghrébin souhaité par le Maroc.

Lors d’un débat du Conseil de sécurité de l’ONU relatif à la résolution 1970 sur la Libye, le Maroc a fait état de sa disposition à continuer sa coopération avec la Libye en matière de développement des institutions législatives, y compris de justice transitionnelle.

Le Maroc soutient le nouveau gouvernement libyen et a apporté des aides humanitaires aux réfugiés pendant le déroulement de la révolution libyenne.

Pour le Maroc, une Libye démocratique et stable demeure un partenaire efficace pour les pays maghrébins dans la mise en place de l’union et de l’intégration souhaitée pour relever les défis séparatistes et terroristes menaçant la région sahélo-saharienne.

Les relations politiques entre le Maroc et la Tunisie de l’après révolution sont bonnes et solides et appelées à atteindre un niveau aussi élevé sur les plans économique, commercial et culturel.

En signant, le 26 mai 2011, une convention-cadre de coopération militaire avec la Tunisie, le Maroc a concrétisé son implication dans la nouvelle carte du Maghreb qui se profile à la faveur des réformes institutionnelles et de la transition démocratique au pouvoir.

Agenda des réunions de l’UMA 

Le Maroc a accueilli, le 5 mai 2013, les travaux de la a 31ème session du Conseil des Ministres des Affaires Etrangères de l’UMA. Lesquels ont été axés sur le processus d’intégration maghrébine, la réactivation des mécanismes et institutions devant permettre de faire face aux défis inhérents à la sécurité et au développement, notamment dans le contexte actuel marqué par l’instabilité dans la région sahélo-saharienne.

A cette occasion, le Maroc a jugé capital de mettre en place les fondements solides d’une action maghrébine conjointe basée sur une stratégie claire susceptible de mettre à niveau l’UMA afin qu’elle soit à pied d’égalité avec les groupements actifs et influents à l’échelle régionale et internationale.

Le Maroc espère voir, très prochainement, l’organisation du 7ème Sommet de l’UMA et appuie l’initiative de la Tunisie qui s’est proposée pour accueillir ses travaux.

Tags : Union du Maghreb Arabe, UMA, Maghreb, Maroc, Mauritanie, Algérie, Tunisie, Libye,

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