Maroc : Axes de la stratégie médiatique du régime définis par Karim Bouzida

Maroc : Axes de la stratégie médiatique du régime définis par Karim Bouzida

Activité du 24 novembre

Contexte

• Timing : veille du scrutin législatif, fin de campagne électorale

• Monde arabe : «acte II» de la révolution en Egypte, violences en Syrie / Yémen

• Conjoncture mondiale : croissance internationale atone et crise de confiance sur les marchés (ex : notations souveraines)

• Il y a un peu plus de six mois, l’attentat de Marrakech

Portée médiatique

• Un évènement majeur par son envergure (montant de l’investissement) et le niveau de partenariat

• Conventions créent de la confiance par leur contenu, le profil des signataires et un timing à signification éminemment politique

• L’accord apporte notamment des réponses concrètes à deux problématiques nationales essentielles que sont :

✓ la création d’emplois

✓ la régionalisation

Portée médiatique

Il convient de profiter de la présence au Maroc de nombreux journalistes étrangers pour susciter/conforter un effet « Maroc émergent / exception » (Reuters, Bloomberg, L’Usine Nouvelle, Les Echos, Le Figaro, Financial Times, Wall Street Journal-> John Fund, …)

Messages / cibles

• 3 cibles à traiter concomitamment :

✓ International : dans un contexte marqué par l’immobilisme et les soubresauts… le Maroc
avance économiquement et politiquement

✓ Grand public : la dynamique portée par la continuité des actions royales majeures donnent
espoir et assurance

✓ Elites nationales : le Maroc témoigne une nouvelle fois de son attractivitéMessages / territoires


Participants : Qatar, Emirats Arabes Unis, Koweit

✓ Pays du Golfe : accompagnement spécifique de la presse de ces pays

✓ Risque à anticiper : sensibilités de gauche pourraient manifester leur mécontentement (par antiaméricanisme) suite à la visite de l’émir du Qatar (cf. Goud et Hibapress)

Pays occidentaux : le Maroc à l’avant-garde démocratique et économique de la région offre des perspectives fortes et pérennes

Message clef

• Qui : des chefs d’Etats aux avant-postes de la modernisation du monde arabe (Qatar, EAU, Maroc)

• Quoi : un projet financier au service d’une ambition industrielle de bon sens (fonds souverain)

• Où : le Maroc pays arabe ayant le mieux résisté à la crise mondiale (dont secteur touristique) et
soubresauts régionaux (chiffres à l’appui : résilience)

• Quand : un processus lancé de longue date avec les partenaires (la date des législatives anticipées a elle même été modifiée à plusieurs reprises)Message clef

• Comment : un engagement au plus haut niveau qui garantit la concrétisation des projets

• Combien : une enveloppe financière dimensionnée par rapport aux ambitions du royaume (grands chantiers nationaux)

• Pourquoi : la mutation démocratique du Maroc n’a pas mis en veilleuse ses transformations économiques bien au contraire (vs reculs du PIB en Tunisie, Egypte, Libye)Confiance

• Confiance politique : le Maroc évolue pacifiquement dans un monde qui vit de profondes ruptures

• Confiance économique : l’économie mondiale est en pleine mutation, le Maroc aux avant-postes de ces évolutions clefs pour son développement

• Confiance dans l’avenir : le Maroc adopte une logique long-termiste dans le secteur touristique (fonds souverain) à l’inverse des investissements spéculatifs qui caractérisent parfois le secteur Haut-niveau


Registre stratégique : le Roi faiseur de prospérité (investissements, diplomatie économique), la monarchie assure la continuité de l’Etat et de l’effort de prospection économique

‣ Cette convention s’inscrit dans le long terme, il convenait donc pour des raisons éthiques qu’elle ne soit pas récupérée par le prochain gouvernement (ce qui peut expliquer son timing)

‣ Le Palais n’a pas de candidat (sinon cette belle annonce lui aurait été réservée après les élections) Visibilité économique : c’est une action au niveau des chefs d’Etat (mettre en exergue l’horizon temporel des conventions qui dépasserait 10 ans)Axe démocratique

Géopolitique : le Maroc recueille les dividendes de son anticipation démocratique dans l’agenda international


Qatar s’est illustré par son appui de fond aux pays du printemps arabe et plus particulièrement en Libye et à travers le vecteur Aljazeera

Dynamique régionale : les premiers effets du rapprochement CCG, les capitaux du Golfe manifestent leur confiance aux perspectives de croissance du Maroc (et semblent se détourner de la vieille Europe en crise!)

Vecteurs


Pour porter les messages ainsi explicités, il convient de mobiliser des leaders d’opinion provenant des sphères suivantes :

✓ Professionnels à envergure internationale

✓ Experts économiques

✓ Acteurs sectoriels nationaux

✓ Figures du monde financier

Ci-après proposition d’un plan média pour installer un halo favorable :LCI / iTele + médias nationaux

Questions à anticiper

• Existence ou non d’engagement de l’État face à ces investisseurs sur des facilités, des exonérations ou du foncier

• Qualité des signataires du côté marocains, en effet plusieurs ministres sont engagés dans la campagne électorale

• Parasitage d’image / procès d’intention : thématique de la protection de l’environnement face aux grands chantiers touristiques

• Tutelle : il serait judicieux de mettre en avant « l’aménagement urbain et touristique » de nature à diluer la convention sur plusieurs secteurs.Narrations hostiles

L’occasion de la signature des conventions pourrait être une opportunité pour des parties intéressées afin de diffuser des messages antagonistes suivants :

• Le Roi monte au créneau car il a du recevoir des rapports faisant état d’un score important des islamistes

• Le Roi envoie un signal aux électeurs en faveur du RNI et donc plus largement du G8

• Le parlement est une chambre d’enregistrement, le Roi ne renoncera pas à ses pouvoirs exécutifs

• Par cet acte la veille du vote le Roi envoie un message clair au prochain chef de gouvernement

Narrations hostiles

• Consécration du « Roi providence » qui empiète sur les prérogatives du gouvernement

• Ce genre d’actes incitent les marocains à bouder les urnes en considérant que les politiques ne font rien puisque le Roi fait tout

• Maroc continue de tout miser sur tourisme (cf. rapport de la Fondation Bouabid)

• Les monarques du Golfe ne présentent que des intentions non suivies d’effets (quid Emaar, Sama Dubai…)

• Le Roi interfère / dérange la campagne électorale dans sa dernière journée qui en constitue un moment fort

Tags : Maroc, Makhzen, Karim Bouzida, Mena Media Consulting, propagande, stratégie médiatique,

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