Maroc : Bilan amère dressé par un cadre du RNI sur la situation des partis politiques

Maroc : Bilan amère dressé par un cadre du RNI sur la situation des partis politiques

Dans une lettre adressée à la Ministre Mbarka Bouaida, Tarik Haddi, membre du Conseil National du RNI, établit un bilan peu reluisant de la situation des partis politiques marocains dont voici le texte intégral :

Il y a une crise profonde du militantisme partisan. On constate dans toutes les strates de la société marocaine (comme ailleurs) une défiance irréversible à l’égard des partis, considérés comme des appareils de prise de « pouvoir » davantage que comme des lieux de débats et d’engagement désintéressé.

L’élu n’est plus perçu comme le dépositaire de la volonté populaire et de l’intérêt général… loin de là.

Plus grave, même les gouvernements sont déconsidérés, car de plus en plus limités dans leurs capacités à infléchir les choses (faiblesse des recettes fiscales, dépendance de l’économie nationale à l’égard des flux financiers internationaux…). Ils ne peuvent même plus employer massivement (les jeunes surtout) comme avant.

Enfin il y a une vraie crise des idéologies. Les marocains ne croient plus en rien et j’exagère à peine. Même la revendication religieuse, qu’exploite les islamistes, est une revendication identitaire à mon sens, et non pas d’ordre  idéologique. En effet la revendication religieuse s’inscrit dans la recherche d’une élite pieuse et communautariste (à l’image de ceux qui la portent), en réaction à l’élite occidentalisée et individualisée qui a fait de l’autonomie et de l’affranchissement les attributs du sujet moderne.

Le résultat immédiat que l’on constate, élection après élection, c’est l’accroissement des taux d’abstention, qui affectent essentiellement les jeunes et les intellectuels et qui attestent une défiance de plus en plus généralisée pour la chose politique.

Face à ces multiples crises (des partis, de l’élu, du gouvernement et des idéologies) on constate aujourd’hui un engouement citoyen pour la vie associative ou locale, la solidarité internationale et pour des causes transverses comme l’abolition de la peine de mort, la légalisation du cannabis pour les applications médicales, de l’avortement, de la liberté sexuelle…

Il faudra donc, me semble t-il, articuler davantage démocratie représentative avec des formes de démocratie participative.

Il est impératif de réfléchir à une cause qui incarne les valeurs que nous défendons au RNI (les libertés individuelles, la liberté de conscience, la régionalisation poussée…) et d’organiser autour une mobilisation, qui peut s’appuyer sur des individualités du RNI mais qui doit ratisser beaucoup plus large.

Il faudra choisir une cause… et pour cela beaucoup consulter et surtout sonder qui de droit. Une « gestion projet » avec un comité stratégique et un comité opérationnel. Recruter des personnalités « irréprochables » dans les domaines clés (sociologue, philosophe, imam modéré, juriste, journaliste, jeunesse…). Une communication professionnelle avec un slogan simple, visible,  lisible et fort (même provoquant) surtout (par exemple pour la régionalisation poussée, quelque chose comme « une Monarchie Fédérale »).

Avec une cause différentiée et un message suffisamment fort, nous n’aurons pas à investir beaucoup en pages de presse… les médias vont s’autosaisir.

Il faudra enfin un porte parole qui incarne la cause (l’égérie)… et on ne trouvera pas mieux que toi. L’objectif serait d’atteindre un million de signatures (mais sans jamais l’afficher pour que ça ne soit pas considéré comme un échec si on l’atteint pas) par exemple…

Tags : Maroc, partis politiques, RNI, Tarik Haddi,

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