Maroc : Elevez le niveau!

Nos politiques ont-ils le sens de l’histoire, des enjeux de l’étape, de leurs responsabilités ? On peut, de manière légitime en douter. Les polémiques actuelles sont vides de sens et nous renseignent plus sur la vacuité du débat politique institutionnel que sur la matérialisation du changement, voulu par les marocains, qui ont exprimé leurs suffrage, par les voix contestataires et imposé par un contexte régional des plus explosifs, depuis plus d’un siècle.

Cédant à la tentation populiste et au verbe facile des dirigeants politiques multiplient les incartades. Il y a ceux qui se sont lancé dans une diatribe contre les festivals. D’autres, L’opposition en l’occurrence, n’a pas plus de hauteur. Les invectives, les accusations gratuites, comme celle transformant une phrase de BENKIRANE en incitation au meurtre, ou encore mettant la fermeture d’un bar pour rixes au passif des islamistes n’élèvent pas le débat et ne répondent pas aux attentes des marocains.

Au cas où on l’oublierait, le Maroc a adopté une nouvelle constitution qui renforce le chef du gouvernement, le parlement, le rôle de l’opposition. Ce texte a été adopté à une large majorité et a entraîné un relèvement du taux de participation aux législatives.

Les marocains ont opté pour le changement. Ils réclament la lutte contre la corruption, de manière pérenne et non pas la justice spectacle. La réduction des inégalités sociales, le sauvetage du service public et une vie politique saine. Ils ont sanctionné les barons des élections et les « hizbicules », petits fonds de commerce sans signification. Ils réclament en contre partie de l’espoir, juste l’espoir que leurs revendications sont entendues et qu’un processus vertueux est en marche pour y répondre.

Par leur incurie, les politiques mettent la stabilité du pays en question. Leur attitude désespère les masses de voir leurs revendications, aboutir grâce aux urnes, par le biais des institutions. La radicalisation est la seule sanction de ce travail de désespérance, de sape.

Élever le niveau de la vie politique est une nécessité. Le débat doit se concentrer sur les problèmes du pays et les différentes propositions viables, réalistes, chacun en fonction de son positionnement sociétal. Le gouvernement ne doit pas être piégé par le populisme, alors que loi de finances piétine encore. Le RNI, qui a laissé filer le déficit budgétaire à son plus haut niveau depuis 25 ans, fait de la surenchère. Les autres partis polémiquent sur des déclarations, réelles ou supposées. Le seul moyen de rendre à la politique sa noblesse, c’est de la concentrer sur l’intérêt général, la vie des gens.

Ne pas le faire, en ce moment, est irresponsable voir suicidaire.

Tags : Maroc, politique, partis politiques, PJD, Benkirane,

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