Maroc-Espagne: une relation gelée par la pandémie

Maroc-Espagne: une relation gelée par la pandémie

Selon Haizam Amirah Fernández, chercheur à l’Institut Elcano Royal, « les relations entre l’Espagne et le Maroc sont très étroites à plusieurs niveaux », mais ont été mise en veille par les mesures de prévention contre la pandémie du coronavirus.

Dans une déclaration relayée par le media El Independiente, Fernandez affirme que la collaboration entre les deux pays est permanente et s’étend aux domaines social, économique, politique et diplomatique, et ces derniers temps la relation «s’est stabilisée et une communication plus directe et fluide a été établie, comparée à un passé tumultueux caractérisée par la tension, les malentendus et les désaccords ».

La décision de fermer les frontières avec Ceuta et Melilla a laissé environ 200 citoyens marocains en dehors de leurs limites géographiques. Ils sont arrivés de l’Italie et se sont retrouvés bloqués dans les deux enclaves africains de l’Espagne. le 15 mars, sont restés dans les rues de la ville andalouse sans aide et sans pouvoir rentrer au Maroc. D’après les responsables du consulat marocain à Algésiras, ils ont pu rentrer dans leur pays, bien qu’ils ne précise comment.

Les mesures de confinement ont largement gelé l’activité commerciale entre les deux Etats. « L’Espagne et le Maroc ont doublé leurs flux commerciaux ces dernières années jusqu’à ce que l’Espagne devienne le premier partenaire commercial du Maroc – devançant la France -, grâce à l’insertion des deux pays dans la même chaîne de valeur dans des secteurs aussi importants que l’automobile ou le textile », indique le média espagnol citant des sources du ministère espagnol de l’Intérieur.

Près de 50 % des exportations de l’Espagne vont vers le Maroc, deuxième partenaire commercial de Madrid après l’Union européenne et les États Unis.

À son tour, « toutes les exportations et tous les investissements entre l’Espagne et le Maroc représentent 15% du PIB marocain », indique la même source de l’Intérieur. L’Espagne dispose d’un réseau dense d’accords économiques bilatéraux substantiels. Amirah Fernández souligne que « ceci est le reflet du volume des échanges, des intérêts et des affaires qui lient les deux côtés du détroit ».

La même source assure que « la décision de fermer les frontières est une mesure sanitaire qui, comme beaucoup d’autres qui ont été prises par différents pays, aura inévitablement des effets économiques pendant la période de crise sanitaire », bien que du ministère des affaires étrangères ont signalé qu’il serait « prématuré » de faire le bilan de l’impact économique généré par ces mesures.

L’un des premiers victimes du covid19 est le secteur des fraises dont la province de Huelva assure 97% de sa production en Espagne. Chaque année, un contingent de quelque 15 000 travailleuses temporaires marocaines est embauché pendant la saison de la cueillette qui se poursuit jusqu’au mois de juin. Cependant, cette année, les agriculteurs vont devoir faire recours `la main d’Oeuvre locale suite à la fermeture de la frontière.

Une fois dépassée la période du confinement, l’Espagne pourra chercher à mettre en œuvre la relation avec son voisin africain et avec le reste des pays qui composent le Maghreb.

« Une plus grande intégration dans la région du Maghreb et une plus grande projection vers le continent africain peuvent signifier pour l’Union européenne, et notamment pour les pays du sud comme l’Espagne, une très belle opportunité au niveau du développement, du commerce, du transfert de connaissances, l’établissement de complémentarités et pourrait avoir un impact sur la croissance économique des deux côtés du détroit « , précise Haizam Amirah Fernández.

Tags : Maroc, Espagne, coopération, commerce, échange,

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