Qu’en est-il de l’Union pour la Méditerranée?

Qu’en est-il de l’Union pour la Méditerranée?

Nicolas Sarkozy a lancé, lors d’un discours prononcé durant la campagne présidentielle le 7 Février 2007 à Toulon, l’idée de constituer une  Union pour la Méditerranée, UM, dont l’objet serait le rapprochement des pays riverains de la « Mare Nostrum ».

Depuis l’antiquité, la Méditerranée a été le berceau des principales civilisations humaines, c’est là qu’elles ont surgi, qu’elles se sont mélangées, qu’elles ont lutté pour exercer leur influence. La civilisation européenne que nous connaissons est le produit de cette culture méditerranéenne. Cependant depuis la chute du Mur de Berlin et l’effondrement de l’Union Soviétique, l’attention des pays européens s’est de façon significative orientée vers l’Est. Ce redéploiement stratégique, nécessaire pour l’équilibre et la stabilité de l’Europe s’est fait au détriment des régions sud et est de la Méditerrané. Ce déficit d’intérêt pour cette région du monde est considéré aujourd’hui comme la cause principale de l’accroissement des menaces contre l’Union Européenne, UE.

Le premier projet de rapprochement des deux rives de la méditerranée est lancé en 1995 à Barcelone, c’est le processus Euromed. Il s’agit pour l’UE d’inscrire ses relations avec les pays limitrophes dans un cadre structuré et global. Ce processus ambitieux place également le règlement de l’affaire palestinienne au centre de ses objectifs. Mais jusqu’en 2002, date de la tenue du sommet Euromed de Valence, il n’y a toujours pas de stratégie digne de ce nom de la part de l’Europe envers la méditerranée. L’Europe paye mais ne crée pas un véritable partenariat politique, social, culturel et de sécurité.

Lors de ce sommet, les pays de l’UE sont arrivés à la conclusion que l’effort consenti n’a pas eu l’effet escompté. Les 2/3 de l’Europe, c’est-à-dire l’Europe Centrale, Orientale et du Nord ont une profonde méconnaissance des réalités méditerranéennes et de ce fait ralentissent la conclusion des différents protocoles de coopération. Pour pallier à sept années d’échec relatif de la politique Euromed, la Commission conçoit et élabore la Nouvelle Politique de Voisinage, aujourd’hui Politique de Voisinage, PV. C’est un moyen pour les pays du centre et du Nord de l’Europe de peser sur une réalité qu’ils ignorent mais dont ils comprennent l’importance. La PV devient une alternative politique et opérationnelle à la politique Euromed. Mais bien que semblant mieux adaptée, elle ne répond toujours pas aux attentes exprimées par les pays du Maghreb ni à celles des pays pouvant prétendre à terme à l’intégration à l’UE. La PV mêle de façon indifférenciée espaces et objectifs et entraîne une duplication des efforts.

Si de très nombreux facteurs sont en cause dans le relatif échec des initiatives qui se sont succédées nous pouvons relever principalement les suivants :

Premièrement : La catégorisation des différentes rubriques du programme Euromed est complexe, inadéquate et mal perçue par les pays du Sud (ex : sécurité/immigration).

Deuxièmement : le volet culturel et social n’a jamais connu le développement espéré, les fonds alloués étant insuffisants.

Troisièmement : d’un point de vue financier l’aide au développement n’a pas dégagé les résultats espérés car inadaptée. Les besoins à couvrir ne sont pas correctement identifiés, les contrôles de mise en œuvre et de gestion déficients.

Quatrièmement : la crise au Proche Orient a souvent interféré négativement dans le processus, suscitant de nombreux blocages.

C’est dans ce contexte difficile qu’intervient le projet d’Union pour la Méditerranée du président Sarkozy. L’idée, développée par le conseiller Henri Guaino, s’inspire manifestement des thèses défendues par le politologue américain Zbigniew Brzezinski dans ses livres « le Grand Echiquier (1997) » et « le Vrai Choix (2004) ». Ancien conseiller à la sécurité nationale du président Carter, Brzezinski définit l’alliance USA-Europe comme l’axe qui permettrait à chacune des parties de devenir plus puissante tout en ayant un impact plus fort sur la paix et le développement dans le monde. Mais il insiste sur le fait qu’il ne saurait y avoir d’Europe forte sans contrôle direct sur la Méditerranée, et la France dont la zone d’influence régionale s’étend naturellement tout au long de la rive sud lui semble la plus apte à être au cœur de la stratégie de contrôle. Le projet UM s’inscrit parfaitement dans cette vision des équilibres mondiaux. Il permettrait de combler le grand vide qui persiste au sein de l’UE depuis plus de quinze ans : l’absence d’un leadership solide. Le président français semble considérer qu’il peut incarner ce leadership d’autant que la diplomatie européenne semble à la peine, passive, manquant cruellement d’initiative. C’est un moyen pour la France d’assurer sa sécurité tout en menant une politique internationale dégagée du carcan de l’UE. Les limites de la politique européenne dans cette région du monde ayant étonnamment dilué et non pas renforcé l’influence française. Le projet permettrait l’intégration de la Turquie, ce qui agirait comme un rempart à l’Iran islamiste. Il restreindrait considérablement l’influence de la Russie en la cantonnant à ses frontières. Enfin l’Afrique du Nord se verrait au centre des préoccupations européennes.

Aujourd’hui et après des mois de tension entre la France et l’Allemagne sur les périmètres géographique et institutionnel devant constituer l’UM, nous avons une idée plus précise de ce que sera le projet. Tout d’abord il ne s’agit plus d’une Union à côté de l’UE et à cheval sur celle ci, dotée d’institutions et de mécanismes propres. En ce sens le Conseil européen tenu les 13 et 14 Mars 2008 «invite la Commission de Bruxelles à lui présenter les propositions nécessaires pour définir les modalités de ce qu’on appellera « le processus de Barcelone : une Union pour la Méditerranée », en vue du sommet européen qui se tiendra à Paris le 13 Juillet 2008. Le projet initial invitait les seuls Etats riverains à créer « une union politique, économique et culturelle fondée sur le principe d’égalité stricte entre les nations d’une même mer ». Sarkozy précisait que « dans l’esprit de la France, l’union de la méditerranée ne se confondra pas avec le processus de Barcelone ». Elle s’inscrit dorénavant dans la droite ligne du processus dont elle a repris l’intitulé. L’hostilité de Angela Merkel voyant dans ce projet un risque majeur de déstabilisation de l’Europe, elle déclarera à Berlin que cette initiative singulière de la France « pourrait libérer des puissances explosives dans l’UE » a eu raison de ce qu’il faut bien appeler une poussée hégémonique de la France en direction des pays du sud. Plus près de nous et pour de toutes autres raisons, l’Algérie manifeste de sérieuses réticences face à un projet qu elle appréhende comme une atteinte à sa position « privilégiée » au sein de l’ensemble méditerranéen. Ce qui devait être la grande affaire de la présidence Sarkozy se voit ramenée à un énième réajustement du processus Euromed. Il lui sera certes conféré une dimension plus politique, les pays du sud verront leur condition de simples récipiendaires de l’aide européenne intégrée dans un ensemble certainement plus respectueux du principe d’égalité entre les états membres. Il s’articulera autour de projets concrets avec une priorité donnée à la coopération environnementale et scientifique ainsi qu’à l’éducation et à la culture : dépollution de la méditerranée, conservation du littoral, coopération dans le nucléaire civil, sécurité maritime, lutte contre les incendies et les marées noires, promotion de la jeunesse, gestion commune de l’immigration. Mais fondamentalement les équilibres régionaux tels que nous les connaissons seront maintenus. L’essentiel étant que « le processus de Barcelone, une Union pour la Méditerranée » devienne un axe central de connexion, d’union et d’interaction entre les différentes rives de la Méditerranée. Pour cela l’accent devra être mis sur les éléments les plus politiques, géopolitiques et géostratégiques du processus de Barcelone. Mais en aucun cas, il ne saurait être un moyen pour les pays du nord d’intervenir dans les affaires intérieures des pays du sud sous couvert d’union stratégique.

Avantages et inconvénients pour les pays du Sud.

Avantages :

Accroissement des investissements d’où un meilleur développement de la région.

Codéveloppement.

Amélioration des échanges universitaires et culturels.

Meilleure formation pour les jeunes d’où une meilleure accessibilité à l’emploi.

Frein à l’immigration illégale massive.

Accès au nucléaire civil en ces temps de crise sur le Traité de Non

Prolifération et le nucléaire iranien.

Développement du modèle occidental et de ses valeurs dont et surtout la démocratie.

Renforcement de la sécurité en Méditerranée et meilleur contrôle de la poussée du fondamentalisme (échange de renseignements).

Possibilité d’un meilleur règlement des conflits régionaux.

Alternative à certains états ne pouvant aspirer à être membres de plein droit de l’UE.

Inconvénients :

Perte de souveraineté.

Dépendance économique vis-à-vis de l’Europe.

Risque de juxtaposition des différents systèmes d’obtention de fonds dans une même région.

Accroissement de la rivalité entre les pays du Maghreb.

One thought on “Qu’en est-il de l’Union pour la Méditerranée?

  1. La bonne blague, sous occupation Africaine en Europe …
    Est-ce que sous occupation allemande on faisait des projets d’union du Rhin ?

    Les africains sont des occupants en europe et rien d’autre !
    Quand on passe les 50 dernières années à débarquer en quantités telles qu’il s’agit de l’équivalent légal d’une armée par an (200.000 personnes), il va être compliqué à l’occupant Africain de faire croire qu’il s’agit d’immigration ces prochaines années .

    L’africain n’est qu’un occupant et rien d’autre .
    Rappel : Aucune colonisation dans l’histoire humaine n’a jamais connu une telle proportion de colons que la proportion d’occupants africains présente en europe .

    Les chialeries, les chantages, ne changeront rien aux faits.
    Si j’étais un occupant africain en europe, je penserai sérieusement à devancer les vagues qui sont en train de se former et qui le feront retourner au bled.

    Signé un allergique à tout ce qui vient du continent le plus ridicule de la planète : L’Afrique !

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