Recommandations et propositions sur le continent américain

Recommandations et propositions sur le continent américain

Recommandations et propositions

Le continent américain présente un cas particulier. Il regroupe en effet des États aux profils sociaux et économiques très contrastés. On y trouve à la fois le pays le plus puissant du monde, les États-Unis, ainsi que des pays en voie de développement. Par ailleurs, un certain nombre de puissances émergentes y apparaissent, comme le Brésil. Au-delà de ces différences, il existe également des processus d’intégration au sein de ce continent et ce, à toutes les échelles.

En effet la stratégie économique du Maroc vis-à-vis de ce continent reste encore attachée aux grandes puissances ayant un poids économique très fort et un potentiel de développement très élevé à l’international comme les Etats-Unis et le Canada, ce qui rend difficile pour le Maroc avec ses capacités productives limitées de suivre le rythme de la compétitivité accrue de ces économies. Il revêt donc nécessaire de revoir sa stratégie économique nationale à l’égard des américains en mettant en place les recommandations suivantes :

a) La restructuration du tissu productif national

• Revaloriser le marché intérieur peut améliorer un commerce extérieur diversifié qui encourage davantage les échanges commerciaux avec le continent américain et ce, à travers le développement de l’offre, dans certaines branches ou le Maroc dispose un potentiel de développement élevé comme le matériel agricole, certains intrants dans la fabrication des voitures et leur maintenance, l’intégration du cyclomoteur, le matériel informatique et bureautique, ainsi que pour l’exportation de certains services comme le BTP ou des services d’assurance.

• Instaurer un système financier moderne et efficace qui peut assurer :

• Le financement de l’économie réelle

• L’accès accessible aux finances internes

• La mobilisation de l’épargne intérieure

• L’institution d’une place financière encourageante de l’investissement en
portefeuille.

Des mesures créant selon les experts une dynamique accrue et remarquable du tissu productif national, en favorisant la création de l’entreprise importatrice et exportatrice ce qui peut pousser les échanges commerciaux et rééquilibrer la balance commerciale.

• Réorienter les politiques d’incitations sectorielles vers le développement et l’attractivité des investissements directs étrangers (IDE) pour répondre aux besoins des opérateurs étrangers, et veiller ainsi à la croissance des exportations surtout celles à hautes valeurs ajoutées.

• Améliorer davantage la culture de l’entreprise marocaine. En effet, la conception traditionnelle selon laquelle la compétitivité est une question de coûts est dépassée. Le prix d’un produit n’est plus le seul paramètre objectif de compétitivité par rapport à la concurrence, c’est plus une question de valeur ajoutée, de qualité, d’image de marque, de circuits de distribution, de réseau intégré de production, de gestion de temps, de supports stratégiques, mais plutôt un problème global de management, de culture d’entreprise et d’esprit entrepreneurial.

• Favoriser un environnement propice à l’épanouissement des initiatives privées, de la liberté d’entreprendre; d’où la nécessité d’une administration souple, moins tatillonne, efficace, permettant des gains de temps et facilitant la mobilisation des énergies individuelles et collectives sont tous des éléments nécessaires pour faire du Maroc un territoire compétitif sur le Nord-africain et une plate forme des échanges commerciaux à l’international, du fait que les investisseurs internationaux insistent de plus en plus sur les incitations fiscales, l’infrastructure et le climat favorable des affaires.

b) La réorientation de la politique du commerce extérieur

• Les autorités dotées de la planification économiques stratégique du Maroc sont appelés à se détacher des coopérations économiques conditionnées par des agendas politiques, ils doivent en effet se positionner et ne pas s’imposer sur la scène internationale en adoptant une approche qui favorise le développement économique local au premier lieu.

• Les usagers nationaux du commerce international doivent comprendre consciemment les grandes orientations stratégiques de la politique économique nationale et leurs convaincre de son intérêt tant sur le plan économique que sur le plan géopolitique. Cette démarche peut pousser les structures productives, importatrices et exportatrices de mieux profiter les incitations étatiques et favoriser l’expansion et l’élargissement des activités dans d’autres territoires ou le positionnement marocain semble être faible comme les économies américaines.

• Renforcer les coopérations avec les pays américains détenant une croissance démographique, une compétitivité et un PIB similaires avec le Maroc pour que les opérateurs nationaux puissent satisfaire les demandes et assurer une offre génératrice de la valeur et créatrice de l’échange. L’accord de libre échange conclu avec les Etats-Unis avait prouvé la faiblesse accrue de la productivité nationale ce qui justifie le déséquilibre permanent de la balance commerciale depuis la conclusion de l’accord.

• Encourager la diversification et se détacher de l’interdépendance Maroc-Union Européenne. En effet, l’ère de la mondialisation est désormais marquée par l’ouverture accrue des frontières à la libéralisation des échanges, ce qui oblige le Maroc de multiplier ses orientations avec des plans d’actions orientés, en vue d’apporter plus d’opportunité dans les échanges commerciaux, du fait que l’économie marocaine est diversifiée par nature et qui peut satisfaire les sociétés américaines caractérisées par l’hyperconsommation.

• Travailler sur l’élimination de l’obstacle psychologique qui persiste encore chez nos opérateurs économiques et les pousser à découvrir les débouchés américains, et ce par l’adoption d’une approche définissant les secteurs porteurs, les branches prometteuses et les produits de qualité dans les pays de l’Amérique.

• Sécuriser la chaîne logistique et travailler sur la minimisation des coûts de transport. Un opérateur n’opte pour une transaction commerciale qu’après une étude en termes de coût, et dans ce sens l’échange avec le continent américain souffre des contraintes purement logistiques qui décourage le terme de l’échange et la recherche de d’autres destinations.

• Développer la culture de «l’entreprise internationale», qui cible les opportunités quelque soit l’endroit de la localisation. Or plusieurs experts estiment que les entreprises marocaines n’ont pas suffisamment investi dans l’international de manière à :

− Assurer la qualité tant au niveau de la production qu’à celui du design, du conditionnement et de la présentation ;

− Avoir une stratégie de marketing appropriée et des structures adéquates pour la réaliser et la suivre ;

− Se doter de structures commerciales propres à la vente internationale ;
En somme, on peut dire qu’une stratégie de soutien aux exportations et de développement de l’offre sont les deux composantes de base pour une nouvelle dynamique du commerce extérieur pouvant contribuer positivement à la croissance économique et la diversification des débouchés.

Une volonté politico-économique est la condition sine qua non pour faire du Maroc un pays émergent qui s’adapte rapidement avec les nouvelles enjeux et données du commerce international, et qui adopte ainsi des stratégies économiques long-termiste ou l’acteur publique et privé sont en complémentarité parfaite.

Propositions :

• La création d’une cellule des études économiques prospectives sur le continent américain, ou les acteurs principaux seront :

◦ Le Ministère des affaires étrangères et de coopération

◦ Le Ministère des finances

◦ Le Ministère du commerce extérieur

◦ La Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM)

◦ Les Think-Thank marocains à vocation économique

L’adoption de l’approche prospective qui porte à la fois sur le présent et sur le futur, facilite l’examen et la réforme des politiques économiques. Les études prospectives peuvent mettre en évidence les diverses options disponibles et tirer des conclusions sur les divers résultats qui pourraient en découle.

Pour la mise en œuvre de cette cellule prospective, les priorités seront encadrées par les engagements du Maroc en matière de développement économique en vue d’associer toutes les parties prenantes au processus, en particulier des experts nationaux et d’autres acteurs clés publiques et privé, et développer ainsi une expertise au niveau national sur la méthodologie des études prospectives, pour améliorer la gestion des connaissances dans les pays américains et garantir une large adhésion aux résultats.

◦ Les entreprises marocaines qui ciblent le consommateur américain peuvent procéder de plusieurs manières : envisager la distribution de leur produit via des intermédiaire, s’implanter directement sur le sol américain via un bureau de représentation par exemple ou encore établir des alliances bénéfiques notamment via une franchise ou une concession de licence. Sont tous des formes de la multinationalisation qui favorise la connaissance parfaite des marchés et la maitrise des risques ce qui reste encore faible chez les entreprises marocaines.

◦ La vente via un intermédiaire est donc plus simple pour l’opérateur marocain, puisqu’elle permet un accès direct aux marchés américains, mais elle présente l’inconvénient de ne pas permettre le contact direct avec le client final et de ne pas pouvoir exercer un contrôle sur le volet marketing du produit. Ce qui rend nécessaire de franchir directement le terrain et définir les produits marocains à distance.

◦ L’Etat doit jouer un rôle primordial dans l’encouragement de l’internationalisation des firmes marocaines et cibler le territoire américain comme étant une destination porteuse de valeurs. et ce par l’adoption d’une approche macroéconomique ou l’Etat joue le rôle du régulateur et pas le rôle interventionniste.

Conclusion générale :

Depuis l’adhésion du Maroc à l’organisation mondiale du commerce, notre pays a opté pour une politique d’ouverture et d’intégration dans l’économie mondiale, une politique qui s’est traduit par la libéralisation des échanges commerciaux sur le plan multilatéral et bilatéral avec la conclusion d’une série d’accords du libre échanges avec l’UE ,l’USA , la Turquie, et les pays arabes dont l’objectif était le renforcement de l’adaptation de notre commerce extérieur avec les nouvelles données et enjeux du commerce international  mais aussi le développement des exportations marocaines par la diversification des débouchés.

Les opérateurs économiques savent que devant le développement du commerce international, l’Etat est appelée à jouer un rôle primordiale dans l’amélioration de ses politiques économiques en vue de rationaliser ses comportements auprès des usagers du commerce extérieur, de l’agricultures, de l’énergie, de la pêche…,et absorber ainsi les dysfonctionnements et les insuffisances que peut connaître son système économiques au profit des entreprises nationales qui veulent s’intégrer rapidement et en toute force dans la scène économique internationale.

C’est dans cette perspective s’inscrivent les stratégies sectorielles adoptées au Maroc à la fin des années 90, qui visent l’amélioration et la performance des secteurs économiques en mettant en place un ensemble de plans d’action dans les différentes branches, tout en profitant l’économie de marché et le cadre macroéconomique favorable aux affaires, ainsi que la volonté du Maroc de poursuivre des réformes structurelles en abordant les plus difficiles et en les mettant au service du développement économique et humain.

Or, le Maroc occupe, d’une part, une position stratégique, au carrefour du monde occidental, du monde arabe et de l’Afrique et qu’il offre, d’autre part, des potentialités remarquables, qui conviendrait de s’interroger sur la «réticence», relative bien sûre, des Américains à investir au Maroc. Du fait que les échanges Maroc-américains ne représentent qu’environ 6% du volume global des échanges du Maroc avec l’extérieur, d’où la nécessité d’être fortement présent sur le marché américain, pour devenir un partenaire crédible.

De ce fait, les opérateurs économiques concernés sont appelés à lever les barrières, en particulier psychologiques, et de faire en sorte que soit brisé le mythe selon lequel le Maroc serait dévolu à la France et aux pays européens en général. Dans ce sens certains américains constatent que le Maroc est une zone de concurrence. D’autres pensent que c’est au secteur privé marocain d’inciter son homologue américain à investir au Maroc.

Pour approfondir et dynamiser leurs relations, jusqu’alors appuyées sur une concertation plus politique que commerciale, les pays du continent américain et le Maroc entendent fournir des efforts structurés et orientée basées sur le partage des intérêts communs et l’essor vers des partenariats stratégiques mettant le Maroc dans une position stratégiques dans les conglomérats régionaux.

Tags : Maroc, Amérique Latine, diplomatie économique, coopération, Caraïbes,

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