Sahara occidental : La 4e commission de l’ONU appelle à un règlement rapide du confl it

Les Etats membres des Nations unies réunis dans le cadre de la quatrième commission chargée entre autres de la question de la décolonisation dans le monde ont adopté mardi dernier une résolution réitérant l’engagement de l’ONU pour le parachèvement du processus de décolonisation au Sahara occidental. 
Aux yeux du ministre sahraoui des Aff aires étrangères, Mohamed Salem Ould-Salek, la résolu- tion adoptée par la quatrième commission constitue « un rejet catégorique aux tergiversations et aux manœuvres de l’occupant marocain visant à impo- ser la politique du fait accompli à la communauté internationale ». Selon lui, « cette résolution constitue aussi un sou- tien fort aux eff orts louables que les Nations unies et l’Union africaine ne cessent de déployer pour hâter la décolonisation du Sahara occidental ». 
« Les débats de cette année, qui ont eu lieu à l’Assemblée géné- rale et à la quatrième commission, et auxquels ont pris part un grand nombre d’Etats et Groupes régio- naux, ainsi que des représentants de la société civile internationale, ont montré, a-t-il indiqué, que l’ob- tention de la liberté et de la souveraineté par le peu- ple sahraoui et la satisfaction totale de ses droits, constituent le chemin incontournable vers la paix, la stabilité et la concorde dans le nord-ouest de l’Afri- que ». 
Dans les faits, ce n’est pas la première fois que la quatrième commission agit de la sorte et défend le principe d’une résolution rapide du confl it sahraoui. Il n’empêche que cette année, les thèses relatives à l’autodétermination telles qu’elles sont défendues par le Polisario ont eu davantage d’audience que cel- les avancées par le Maroc, qui, lui, défend le principe de l’autonomie des territoires sahraouis dans le cadre de la souveraineté du royaume. Ce regain d’audience est un marqueur des points importants marqués par la diplomatie sahraouie sur la scène internationale depuis 2013, année durant laquelle le Centre Robert F. Kennedy, présidé par Kerry Kennedy, la fi lle de l’ancien ministre de la Justice, frère du président Kennedy, a publié un rapport accablant sur la situation des droits de l’Homme dans les territoires sous domination marocaine. 
Depuis, le terrain s’est davantage ouvert aux Nations unies comme ailleurs dans de nombreuses capitales occidentales au poids déterminant dans le dossier sahraoui – dont Washington – aux thèses indépendantistes. APPEL À BAN KI-MOON Revigorés par la résolution de la Quatrième commis- sion, le gouvernement sahraoui et le Front Polisario lancent aujourd’hui un appel au secrétaire général des Nations unies et son envoyé personnel « pour accélérer le processus de négociations en cours, dont l’objectif final est de garantir l’exercice par le peuple sahraoui de son droit inaliénable à l’autodétermina- tion et l’indépendance ». 
« Nous saisissons cette même occasion pour lancer un appel très pressant au gouvernement marocain, au nom de l’intérêt de tous les peuples de notre région, de cesser de naviguer à contre-courant de l’histoire et de mettre fi n à son agression et ses crimes inqualifi ables contre le peu- ple sahraoui », a affi rmé pour sa part le chef de la diplomatie sahraouie, M. Ould-Salek. De son côté, l’Algérie a accueilli hier avec « satisfaction », la résolution de la commission onusienne chargée de la question de la décolonisation. Selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abdelaziz Benali Chérif, le texte « réaffirme, clairement, l’attachement total de la communauté internationale au strict respect du droit inaliénable du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination et à l’indépendance conformément aux principes de la Charte des Nations unies et à la résolution 1514 (XV) du 14 décembre 1960, portant déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, ainsi que les résolutions pertinentes de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité ». 
En sa qualité de pays voisin et d’observateur offi ciel du processus de règlement, l’Algérie, « qui continue- ra d’apporter sa contribution au processus de décolonisation du Sahara occidental, renouvelle son sou- tien aux efforts déployés par le secrétaire général de l’ONU et son envoyé personnel pour une solution fondée sur le libre exercice par le peuple du Sahara occidental de son droit à l’autodétermination », a-t-il ajouté. 
L’Algérie réitère son appel aux deux parties au conflit, le Maroc et le Front Polisario, « pour continuer à œuvrer sous l’égide des Nations unies afi n de parvenir, à travers des négociations directes et sans préalables, à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable de ce conflit dans l’intérêt des deux peuples marocain et sahraoui frères et de l’ensemble des peuples du Maghreb », a conclu le porte-parole du MAE.

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