Sahara Occidental: le 23ème anniversaire du cessez le feu sous fond de tension.

En septembre 1991 prenait fin la lutte armée entre le front polisario et les forces marocaines au Sahara occidental. Un cessez le feu à durée indéterminée ainsi que la prévision d’un référendum sur l’autodétermination des Sahraouis ont été alors proclamés sous la médiation active des Nations Unis. Aujourd’hui ce fameux référendum, sans cesse repoussé, n’a toujours pas eu lieu, et les tensions sont toujours fortement présentes au moment du 23ème anniversaire de ce cessez le feu.
C’est en théorie la MINURSO, force d’interposition de l’ONU qui est en charge de l’organisation du référendum sur l’autodétermination du Sahara Occidental, mais Le Maroc considère qu’il n’est pas envisageable que ce territoire devienne un Etat indépendant et repousse à chaque fois l’organisation du référendum. Une telle attitude ne fait rien pour apaiser les tensions, surtout au sein d’un front polisario qui se sent offensé d’une part par le Maroc et d’autre part par les Nations Unis qui n’ont toujours pas tenu parole et juge encore que le plan de paix de l’ONU établi en 1991 est une arnaque, un énorme mensonge.
Des tensions palpables 
Alors que le 23ème anniversaire du cessez le feu a été fêté le 6 septembre dernier, les Sahraouis ont la rancune tenace envers l’ONU et notamment, Javier Perez de Cuellar, secrétaire général en 1991, accusé d’avoir été corrompu par les marocains car il n’a pas tenu sa promesse d’organiser dans les six mois qui ont suivis le plan de paix un référendum sur l’autodétermination. Au banc des accusés on retrouve aussi la France. Une France à qui le front Polisario reproche de soutenir la colonisation marocaine du Sahara Occidental par nostalgie coloniale.
Par ailleurs, le coordinateur sahraoui avec la MINURSO, M. M’hamed Khadad, a réaffirmé à la veille de l’anniversaire du cessez le feu, que la mission des Nations Unis dans la région demeurait l’organisation en bonne et dut forme du référendum. Il a en ce sens critiqué l’attitude du gouvernement marocain, trouvant que sa tentative d’imposer « des solutions coloniales périmés » « reflète sa crainte des résultats de ce référendum et sa conviction de l’attachement du peuple sahraoui à son unité autour de ses droits légitimes à l’autodétermination et à l’indépendance ».
Les tensions sont présentes car toute manifestation de sympathie envers l’indépendance du Sahar Occidental est fortement réprimée par le régime Chérifien. Ce dernier n’hésite pas à bafouer les droits de l’homme, envoyant en prison des pro Sahraouis, sans procès équitable. L’exemple d’Abdeslam Loumadi, qui a été condamné à une peine de prison par un tribunal marocain après avoir manifesté en faveur de l’autonomie du Sahara Occidental étaye ces propos. L’ONG Human rights Watch tente elle de faire pression d’un côté sur les autorités marocaines pour qu’elles cessent ce type de pratique, et d’un autre côté sur les gouvernement français et espagnol qu’elle juge ayant une responsabilité non négligeable dans ce qui se trame dans la région. Ce 23ème anniversaire parait donc être, plus que le symbole de la paix, celui de la soumission de force et continue du peuple Sahraoui au régime marocain qui refuse encore et toujours tout référendum sur l’autodétermination.
ANTOINE POCHOLLE

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