Stigmatisant les blocages du Maroc : Le Polisario pour la remise sur rails de la négociation

Le Coordinateur sahraoui auprès de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), Mohamed Khaddad, a dénoncé, hier samedi, à Madrid l’«obstination totale» du Maroc et ses défis envers la légalité internationale.
Intervenant lors des travaux de la 39e Conférence européenne de solidarité avec le peuple sahraoui (Eucoco), mais qui regroupe également des comités de soutien venus du monde entier, Khaddad a rappelé que «le Conseil de sécurité de l’Onu dans ses résolutions a été clair, en soutenant l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’Onu pour le Sahara occidental, Christopher Ross, et la poursuite des négociations en vue d’aboutir à une solution qui respecte le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination». «Mais le Maroc refuse depuis 2012 les négociations et de coopérer avec l’Onu. Il a adopté une politique d’atermoiement et continue d’entraver les efforts de trouver un règlement au conflit», a-t-il ajouté.
Le responsable sahraoui a dénoncé également le chantage du Maroc qui menace de se retirer de la Minurso. «Non seulement il bloque la solution politique, il entrevoit la possibilité d’une reprise des hostilités», a-t-il dit. Face à cette situation, il appelé l’Onu à «agir en urgence pour que le processus (de négociations) soit remis sur rails et pouvoir avancer vers une solution politique». Khaddad a, par ailleurs, critiqué la position de la France vis-à-vis du conflit sahraoui, regrettant le fait qu’il n y ait pas de changement dans sa politique.
«La France est égale à elle-même au Conseil de sécurité dans son refus de soutenir les efforts de l’Onu et de Ross afin de créer les conditions d’une reprise des négociations». De son côté, le président de l’Eucoco, Pierre Galland, a dénoncé le fait que le peuple sahraoui soit toujours sous l’occupation marocaine, appelant à l’application du droit international et assurer à ce peuple le droit à l’indépendance.
Il a exhorté, également, l’Onu à élargir la Minurso à la question des droits de l’homme, au respect des ressources naturelles du Sahara occidental, comme il a appelé l’Union européenne à revoir sa position vis-à-vis de l’Accord de pêche avec le Maroc, qu’il qualifie d’illégal.
Pour sa part, le secrétaire général de la Fédération espagnole des institutions solidaires du peuple sahraoui (Fedissah), Antonio Lopez, a déclaré que «le peuple sahraoui n’est pas à vendre et a le droit, comme tous les peuples du monde, de jouir de tous ses droits».
Il a déclaré, également, que «l’Espagne est responsable de la situation actuelle au Sahara occidental», l’appelant, à cet égard, à assumer ses responsabilités politiques et morales envers les Sahraouis.
Lopez a, par ailleurs, salué l’élan de solidarité avec la Cause sahraouie qui s’élargit, en citant l’exemple de l’Eucoco qui a pris une dimension mondiale. Pour sa part la Pasionaria et militante sahraouie des droits de l’homme, Aminatou Haïdar, a dénoncé les conditions de vie dégradées du peuple sahraoui dans les territoires occupés du Sahara occidental, où «les Sahraouis vivent sous la violence constante» des autorités marocaines. Mme Haïdar a déclaré: «Nous vivons sous la violence constante. Dans tous les coins du Sahara occidental, la violence de l’État marocain est présente». Mme Haïdar a dénoncé les nombreuses tentatives et emprisonnements injustes qui se produisent, tous les jours, par le gouvernement marocain. «Les conditions des prisonniers sahraouis sont déplorables, ils sont privés des droits fondamentaux», a-t-elle déploré.
«Personne n’est à l’abri des outrages de l’État marocain, même les enfants et les femmes sont victimes des abus des agents de la police marocaine qui répriment en toute impunité», a dénoncé Mme Haïdar.
M. B.

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