Teddy Riner, lobbyiste du Maroc subventionné par l’émir du Qatar

Teddy Riner, lobbyiste du Maroc subventionné par l’émir du Qatar

Mediapart révèle que la section judo du PSG a été créée pour embaucher Teddy Riner, au mépris de toute logique économique, à la suite d’un contact du roi du Maroc Mohammed VI auprès de l’émir du Qatar. Le champion de judo a, au cours de la même période, aidé son ami Mohammed VI à décrocher l’organisation des mondiaux de novembre 2017 à Marrakech, où il a remporté son dixième titre mondial.

Teddy Riner n’est pas seulement le champion le plus titré de l’histoire du judo. L’icône des tatamis, invaincu depuis sept ans et 144 combats, est aussi un poids lourd du sport business et un homme d’influence doté de relations au plus haut niveau. Lesquelles se sont révélées décisives pour son embauche par le PSG à l’été 2017, alors que Riner était en difficulté à la suite de la décision de son ancien club de Levallois-Perret de mettre fin à son contrat.

Notre enquête, basée notamment sur les documents Football Leaks, obtenus par Der Spiegel et partagés avec Mediapart et ses partenaires de l’EIC, révèle que le roi du Maroc Mohammed VI a alors fait part des problèmes de son ami Riner à l’émir du Qatar. Lequel émir a demandé à ses conseillers de créer de toutes pièces une section judo au PSG, afin de pouvoir embaucher le judoka à un très confortable salaire de 40 000 euros net par mois.

Or Teddy Riner a, au cours de la même période, été sponsorisé par Maroc Télécom, et a appuyé Mohammed VI auprès des dirigeants de la Fédération internationale de judo pour décrocher l’organisation des mondiaux toutes catégories d’octobre 2017 à Marrakech, où le champion français est entré dans la légende en décrochant son dixième titre mondial.

Teddy Riner, qui a accordé un long entretien à Mediapart, dément tout échange de bons procédés avec Mohammed VI et dit ignorer si son embauche au PSG est liée à un contact entre le roi du Maroc et l’émir du Qatar.

Nos documents montrent en tout cas que le recrutement de Riner s’apparente à une opération de mécénat du Qatar. Le PSG Judo a été créé sans grande logique sportive, le projet de monter une équipe de haut niveau ayant été brutalement abandonné. Et sans aucune logique financière, avec 13 millions d’euros de pertes prévues sur cinq ans pour des recettes égales à zéro.

Le PSG a refusé de répondre à nos questions, se contentant de nous adresser un texte décrivant la « genèse factuelle » du projet (à lire intégralement dans l’onglet Prolonger). Officiellement, il s’agissait de relancer le PSG Judo, qui a brillé de 1992 à 2002 avec des champions comme David Douillet et Djamel Bouras, devenu à Doha le conseiller sportif de l’émir du Qatar, et qui préside aujourd’hui la nouvelle section judo.

Teddy Riner, qui est né en Guadeloupe mais a grandi à Paris, est réellement attaché au PSG Judo, son « club de cœur », où il a fait ses débuts à l’âge de cinq ans en 1994 jusqu’à sa fermeture huit ans plus tard. Le judoka est aussi un fan du PSG Football et de son ex-star brésilienne Ronaldinho. « Je suis un vrai fidèle du club. Lorsqu’il s’est relancé sous le nom de Paris Judo après avoir été fermé par le PSG, j’y suis allé pour un salaire de 98 euros par mois, alors qu’on me proposait 3 500 euros ailleurs », indique-t-il à Mediapart.

En désaccord avec l’évolution du club à la suite de son rachat par le groupe Lagardère, Teddy Riner se trouve en 2009 un généreux parrain en la personne du sulfureux maire de Levallois, Patrick Balkany, dont le procès pour corruption et blanchiment de fraude fiscale a démarré lundi. En 2009, Balkany avait bien besoin du champion pour redorer son image. Riner est embauché par Levallois Sporting Club (LSC), financé par la ville, et bénéficie d’un salaire qui grimpera jusqu’à 30 000 euros net mensuels, un montant hors norme dans le judo.

Ce contrat a été étrillé en 2015 dans un rapport de la chambre régionale des comptes (CRC), la mairie reconnaissant à cette occasion que les bénéfices qu’elle tire de Riner sont « difficilement quantifiables ». Financièrement, ils étaient même nuls. Selon nos informations, le contrat interdisait « toute utilisation commerciale » de l’image du champion. Le seul droit du LSC était « de faire mention auprès du public de sa présence dans ses effectifs ».

À la suite d’une dénonciation de la CRC, une enquête judiciaire pour « détournement de fonds publics » a été ouverte, ce qui a valu à Riner d’être entendu par la police. « J’ai dû amener mes fiches de salaire, des magazines, des médailles pour montrer tout ce que je faisais pour la ville de Levallois », raconte-t-il. L’enquête a finalement été classée sans suite car « l’infraction n’était pas constituée », nous a indiqué le parquet de Nanterre.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin. En 2016, le LSC annonce brutalement à Riner qu’il va fermer sa section judo de haut niveau et que son contrat, qui expire le 30 juin 2017, ne sera pas renouvelé. Était-ce à cause de la polémique sur son salaire et des affaires de corruption visant Balkany ? « Probablement », sourit Riner.

À 28 ans, le champion se retrouve « à la rue ». Il avait, dès la fin 2012, rencontré le numéro 2 du PSG, Jean-Claude Blanc, afin de le convaincre de relancer la section judo. Il a également évoqué le projet quelques années plus tard avec le patron du club, Nasser al-Khelaïfi. Mais faute d’accord du PSG, Riner est, fin mai 2017, sur le point de signer avec Orléans. C’est alors que Nasser al-Khelaïfi appelle le judoka en personne pour lui annoncer qu’il veut le recruter et recréer le PSG Judo.

Le projet s’est débloqué grâce à une intervention au plus haut niveau. Selon nos informations, le roi du Maroc Mohammed VI a pris contact avec l’émir du Qatar pour lui faire part des ennuis de son ami Teddy Riner avec Levallois. Tamim al-Thani a alors demandé à ses conseillers que le PSG crée une section judo afin de pouvoir l’embaucher.

« J’ai entendu cette rumeur mais je ne souhaite pas la commenter, répond Teddy Riner. Je connais très bien Mohammed VI et j’ai rencontré plusieurs fois Tamim al-Thani, qui m’a même parlé de ce projet. Mais on ne pourra jamais savoir si ça s’est vraiment passé comme ça [entre les deux hommes – ndlr]. » Riner assure ne leur avoir jamais parlé de ses déboires avec Levallois. Sollicités par Mediapart, les deux souverains n’ont pas donné suite. Le PSG a refusé de commenter cet épisode, indiquant seulement avoir profité de la fin de contrat de Riner pour concrétiser le projet.

L’intervention de Mohammed VI pose question. Le souverain est un ami de Teddy Riner depuis plusieurs années. Le champion français était de la réception donnée le 2 mai 2017 à l’Élysée par l’ancien président François Hollande, à l’occasion d’une visite du roi. Un mois plus tôt, Riner avait signé un contrat de sponsoring avec Maroc Télécom, dont le royaume chérifien détient 30 %.

Coïncidence : à la suite de la signature de ce contrat et du contact entre le roi du Maroc et l’émir du Qatar, Teddy Riner a, comme l’avait rapporté Jeune Afrique, aidé Mohammed VI à décrocher l’organisation de six compétitions de judo au Maroc, dont les mondiaux toutes catégories qui se sont tenus en novembre 2017 à Marrakech. La nouvelle a été annoncée par la Fédération internationale de judo (IJF) le 29 août.

« Bien sûr que ça a pu influencer »
Teddy Riner est un homme influent à l’IJF, où il siège au comité exécutif en tant que représentant des athlètes. « Lorsque la candidature du Maroc est arrivée sur le bureau du président de la Fédération, on m’a demandé mon avis et j’ai dit bien sûr qu’il faut leur donner, raconte-t-il. Je ne sais pas si ça a vraiment pesé dans la balance, mais bien sûr que ça a pu influencer. »

S’agissait-il d’un renvoi d’ascenseur ? Le champion conteste et affirme qu’il a soutenu le Maroc parce qu’il veut promouvoir le judo en Afrique et que le pays avait organisé une autre compétition avec succès auparavant. Selon Riner, il n’y a donc aucun lien avec son amitié avec Mohammed VI, son embauche au PSG et son rôle d’ambassadeur de Maroc Télécom. « Au sujet de ce contrat, j’ai été uniquement en contact avec le président du groupe, précise Riner. D’ailleurs, l’opérateur n’utilise pas mon image au Maroc, mais uniquement en Afrique noire, où il est très implanté. »

Riner précise qu’il n’a pas pris part au vote ayant attribué les mondiaux au Maroc. Et pour cause, puisqu’il n’y a eu ni scrutin ni appel d’offres. Le président de la Fédération internationale, Marius Vizer, nous a répondu que le vote était une procédure facultative à l’IJF, et que ce « n’était pas nécessaire » dans ce cas précis car le Maroc était le seul candidat.

Vizer précise que les fédérations nationales ne se bousculent pas pour organiser les mondiaux toutes catégories, qui se tiennent très irrégulièrement (la dernière édition remontait à 2010) et qui, contrairement aux mondiaux classiques, ne rapportent pas de points aux athlètes pour le classement mondial et la participation aux Jeux olympiques. Mais « lorsque M. Riner a confirmé son intérêt et sa participation à cette compétition, le ministère des sports et la fédération de judo du Maroc y ont vu une très belle occasion de promouvoir le judo », indique le président de l’IJF.

Si Mohammed VI a atteint son objectif, l’affaire a été bien moins profitable pour le PSG. À la suite de l’intervention de l’émir du Qatar, Nasser al-Khelaïfi prend personnellement attache avec Riner, qu’il invite à une réunion de travail à son domicile parisien début juin 2017. Le champion voit grand : il veut que le futur PSG Judo débauche plusieurs de ses coéquipiers de l’équipe de France afin de gagner les compétitions de clubs par équipes, dont la Ligue des champions européenne.

Al-Khelaïfi charge son directeur général délégué, Jean-Claude Blanc, de mettre en œuvre le projet. Le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est pas chaud. Car au judo, les clubs ne comptent pas où presque. Les seuls titres prestigieux sont individuels. Teddy Riner s’entraîne d’ailleurs la plupart du temps à l’Insep, comme les autres membres de l’équipe de France. Il n’allait qu’une fois par semaine à Levallois.

Dans une note confidentielle adressée à Nasser al-Khelaïfi, Jean-Claude Blanc lance plusieurs « avertissements ». « En judo, les compétitions de club n’ont absolument aucune exposition » médiatique, prévient-il, en demandant à al-Khelaïfi si la chaîne qatarie beIN Sports, qu’il préside aussi, aurait des projets pour les diffuser. Autre souci : Teddy Riner a déjà de nombreux sponsors, dont un équipementier personnel, Under Armour, concurrent de Nike qui équipe le PSG.

Le président du PSG lance le projet malgré tout. Le temps presse. Tout doit être bouclé avant la fin août 2017 afin que Riner soit licencié du PSG Judo pour les championnats du monde poids lourds à Budapest, qui commencent pour lui le 31 août, le même jour que la fin de son engagement avec Levallois. Le contrat de cinq ans avec le PSG est finalement signé in extremis le 29 août.

Le PSG savait dès le départ que Riner ne rapporterait quasiment rien. Le business plan confidentiel sur cinq ans de la section judo, présenté en septembre au conseil d’administration du club, est particulièrement savoureux (notre document ci-dessous).

Lors de la première saison, le document prévoit 2,2 millions de dépenses pour un chiffre d’affaires de… zéro. « Les revenus restent stables » par la suite, précise le document. Et pour cause, puisque le chiffre d’affaires doit rester nul jusqu’en 2021, avec une perte cumulée de 13 millions d’euros sur cinq ans. Les seules recettes envisagées étaient des subventions de 200 000 euros de la mairie de Paris et du conseil régional d’Île-de-France, que le PSG n’a finalement pas demandées.

Le PSG a refusé de commenter, mais nous a indiqué être ravi du recrutement de Riner, qui « incarne l’une des figures les plus performantes et les plus populaires de l’histoire du sport français », et qui a « conquis deux nouveaux titres mondiaux » à la suite de son embauche.

Pendant les trois mois de rudes négociations avec Riner, Jean-Claude Blanc avait tenté d’injecter un peu de rationalité économique dans le projet. Il est parvenu à limiter les prétentions salariales de Riner. Le champion demandait 50 000 euros net par mois. Il n’en obtiendra que 40 000, soit tout de même un tiers de plus qu’à Levallois.

Teddy Riner assume et estime qu’il mériterait, vu son palmarès, des émolument proches des stars du foot. « Attention, je suis déjà très content de ce que je gagne. Mais je suis un compétiteur et j’aimerais montrer qu’on peut gagner autant dans le judo que dans d’autres sports. »

Redoutable homme d’affaires, Riner est l’un des très rares judokas à avoir réussi à capitaliser sur sa popularité. Dans ses bureaux de Levallois, une petite équipe travaille à l’exploitation de son image. Sa principale société, Riner Judo Connection, qui touche les revenus de ses nombreux sponsors (Orange, Accor, Crédit agricole…), a vu son chiffre d’affaires plus que doubler en trois ans pour atteindre 4,5 millions d’euros en 2017.

Au départ, Riner voulait garder 100 % de ses droits à l’image. Vu l’impasse économique du PSG Judo, il a accepté un compromis afin que le projet puisse « générer des revenus ». Le PSG a obtenu de commercialiser une gamme de produits dérivés à son image. Dix-huit mois plus tard, elle n’a toujours pas vu le jour.

Côté publicité, le champion a obtenu de conserver 100 % des revenus versés par ses sponsors existants. Mais dans les domaines où il n’a pas encore de partenariat (automobile, cosmétiques, transport aérien…), il a l’interdiction de signer avec des sponsors concurrents de ceux du PSG, et l’obligation de commercialiser son image associée à celle du club, qui encaissera 50 % des recettes.

À ce jour, le PSG Judo n’a trouvé aucun sponsor. Il faut dire que Riner ne lui a pas facilité la tâche. En décembre dernier, il a contrevenu à son contrat de travail en signant à titre personnel avec Ford, sans y associer l’image du club, et alors que le PSG avait signé avec Renault quatre mois plus tôt.

Ce mauvais coup a, selon nos informations, profondément irrité les dirigeants du PSG. Malgré la perte financière pour le club, ils n’ont pourtant infligé aucune sanction à Riner alors même que, sur la partie football, Kylian Mbappé avait été sanctionné pour un simple retard à un entraînement. « Les négociations avec Ford avaient commencé avant que le PSG signe avec Renault, tente de justifier Riner. Je me suis excusé [auprès du PSG – ndlr], ils m’ont dit OK ça va pour cette fois, la prochaine fois tu auras une amende. »

PASSE-DROIT À LA FÉDÉRATION FRANÇAISE

Le PSG a aussi fait chou blanc en termes de visibilité. Le club voulait que Riner dispute les mondiaux avec le logo du club sur la poitrine de son judogi, où l’athlète a le droit de faire figurer un sponsor personnel. Mais Riner avait préalablement accordé cet emplacement à l’équipementier Under Armour, un choix déjà à l’origine de tensions avec la Fédération française, sous contrat avec Mizuno. Résultat : le PSG était invisible sur sa tenue lorsque le champion a remporté, juste après avoir signé au club, son neuvième titre mondial (plus de 100 kilos) à Budapest en septembre 2017, puis son dixième (toutes catégories) deux mois plus tard à Marrakech.

Le club parisien avait pourtant tout fait pour être prêt à temps pour les mondiaux. Y compris en négociant des passe-droits avec la Fédération française de judo (FFJDA). Pour qu’un nouveau club soit agréé, il doit disposer d’une école de judo. Lorsque le PSG lance son projet début juin 2017, il est impossible de créer cette école d’ici à la fin août, et donc d’obtenir une licence PSG Judo pour Riner.

Le 14 juin, Jean-Claude Blanc demande un coup de main à Riner. « Nous aurons besoin […] d’aller voir ensemble le président de la Fédération », Jean-Luc Rougé, afin d’obtenir « une dérogation » assortie d’« un délai (un an ?) pour monter une école de judo avec toutes les catégories d’âges, a priori indispensable dans les critères ». « OK Jean-Claude cela me va », répond le judoka.

Teddy Riner indique que la réunion a bien eu lieu, et que Rougé a accepté de « laisser du temps » au PSG. Nos documents confirment que la Fédération a accepté que le PSG mette en place l’école de judo « progressivement durant la saison 2017-2018 ». Elle exige seulement que le PSG dispose d’un « enseignant principal diplômé » le 1er septembre.

Même ces conditions minimalistes ne seront pas remplies. Le 22 août, le PSG appelle à l’aide le vice-président de la Fédération, Jean-René Girardot, qui se montre très compréhensif. Quelques jours plus tard, il ordonne l’édition de la licence de Teddy Riner au PSG Judo, alors que c’est un club fantôme dénué d’existence l’égale (les statuts ne seront déposés que le 7 septembre), sans école, ni dojo, ni enseignant. Le règlement n’a pas pesé lourd face à la superstar du judo français et aux millions du Qatar.

Sollicité par Mediapart, Jean-René Girardot a répondu par écrit que « si les éléments réglementaires constituant ce futur club se sont mis en place dans un ordre différent de l’ordinaire, l’esprit de nos textes, applicable à tous, a été parfaitement respecté et les choses sont actuellement en ordre. Ni personne, ni club n’ont subi de préjudice ».

L’embauche de Riner est annoncée le 30 août 2017. L’Équipe révèle le projet sportif conclu entre le champion et Nasser al-Khelaïfi deux mois plus tôt : créer une équipe masculine de très haut niveau, avec plusieurs coéquipiers de Riner en équipe de France.

Selon nos informations, Teddy Riner avait obtenu carte blanche pour constituer cette équipe. Il avait personnellement négocié avec cinq judokas, dont Benjamin Axus (champion de France, 73 kg) et Pape Ndiaye (champion de France, 81 kg). « Comme il n’y a pas d’argent dans le judo, je voulais bien les payer avec un contrat sur plusieurs années, pour leur éviter le stress et leur permettre de se concentrer sur le projet sportif et d’aller chercher des médailles. » Fin août, tout était bouclé.

Mais trois semaines plus tard, tout s’effondre. Selon nos informations, le PSG a décidé au dernier moment de ne pas respecter les promesses de Riner, et de proposer aux cinq judokas des CDD d’un an, payés seulement 2 000 euros net par mois, 30 % de moins que ce qui était convenu. C’est pour cette raison que les judokas ont refusé, comme l’avait révélé RMC Sport. Ils ont d’autant plus mal vécu cette affaire qu’ils avaient déjà annoncé leur départ à leurs clubs respectifs. Sollicités sur ce point, le PSG et Teddy Riner se sont refusés à tout commentaire.

Le PSG a alors changé de stratégie, en recrutant de jeunes espoirs du judo. Et le club a pris son temps. L’école de judo, promise à la Fédération au cours de la saison 2017-2018, n’a été inaugurée que le 27 octobre 2018, avec Kylian Mbappé en guest star (voir la vidéo ici). Le PSG voulait s’installer au stade de Coubertin, mais le projet a capoté lui aussi. Le club a finalement installé son dojo au sous-sol d’un club de fitness du XIIIearrondissement de Paris.

Faute d’équipe professionnelle, Teddy Riner joue désormais le rôle de « grand frère »auprès des jeunes judokas du PSG, avec lesquels il s’entraîne une fois par semaine. « J’aime les encourager, je les conseille, y compris lorsqu’on s’entraîne à l’Insep. Je suis aussi allé aux championnats de France junior avec eux. On est en train de construire une histoire », indique-t-il.

Le PSG nous a indiqué que son nouveau projet, initié par son président Djamel Bouras, visait à accompagner les jeunes judokas « vers les Jeux olympiques de Paris 2024 », une « échéance toujours extrêmement forte en termes d’émotions et d’exposition ». Le club a douze athlètes et seulement une cinquantaine de licenciés. Mais il projette d’atteindre les 2 500 licenciés dans cinq ans.

Le PSG rappelle aussi que sa « jeune équipe a déjà conquis cinq titres nationaux, toutes catégories confondues, dont un par équipe, chez les juniors ». Par conséquent le club parisien, qui n’a répondu à aucune de nos questions précises, « ne peut que s’interroger sur [nos] réelles motivations pour jeter ainsi le discrédit sur ce projet ».

Teddy Riner n’aurait, de toute façon, sans doute pas pu combattre sous les couleurs du PSG. Après son dixième titre mondial de novembre 2017, il a pris une année sabbatique. « Mon corps est déjà meurtri. J’ai déjà de l’arthrose, je reçois des injections », confiait-il au Parisien en juillet 2018. Riner a repris l’entraînement cette année, mais a retardé son retour à la compétition.

Le champion n’a plus qu’un seul objectif : conquérir une troisième médaille d’or aux JO de Tokyo l’an prochain, et égaler le record du Japonais Tadahiro Nomura, le seul judoka de l’Histoire à avoir accompli cet exploit. Si Teddy Riner y parvient, il pourra remercier le roi du Maroc et l’émir du Qatar.

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