Tunisie : Les agriculteurs appellent Saïed à intervenir pour sauver le secteur

AA/Tunis/Wassim Jemli, Yemna Selmi

Des dizaines d’agriculteurs tunisiens ont appelé le nouveau président Kaïs Saïed à intervenir pour sauver le secteur de l’huile d’olive, et à la démission du ministre de l’Agriculture Samir Taïeb, ainsi qu’à cesser de subventionner les huiles végétales étrangères et soutenir le produit local.

Les agriculteurs ont organisé un sit-in devant le siège du ministère de l’Agriculture mardi auquel a appelé l’union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP, indépendante).

Cette décision intervient après que le prix d’un litre d’huile d’olive a été fixé par le ministère à 6 dinars et 500 millimes (équivalent à 2,3 $ le litre), ce que les agriculteurs considéraient comme « nuisible à leurs intérêts et aux bénéfices du secteur ».

Les agriculteurs manifestants ont bloqué la route devant le siège du ministère pour protester contre l’absence de responsables qui devraient répondre à leurs demandes, et ils ont refusé de partir jusqu’à ce que le ministre sorte.

Nejib Fatnassi, membre du Bureau exécutif de l’UTAP, a tenu le ministre pour responsable de cette crise après avoir fixé ce prix qui « ne couvre même pas le coût de production ».

Il a estimé que 7,500 dinars (2.6 dollars) le litre est un prix raisonnable pour toutes les parties.

L’UTAP a appelé, mardi, tous les agriculteurs à venir de tous les gouvernorats du pays et à se joindre au mouvement pour faire entendre leur voix au ministère et pour manifester le rejet populaire des politiques du ministère et de l’Office national de l’Huile (gouvernemental).

Le secteur de l’huile d’olive en Tunisie connaît un excédent de production cette année, et on estime, selon les chiffres du ministère tunisien de l’Agriculture, environ 350 mille tonnes au cours de la saison en cours contre 140 mille tonnes au cours de la dernière saison.

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L’Office national de l’Huile s’est engagé, quant à lui, à poursuivre ses achats d’huile d’olive auprès des oléiculteurs et des propriétaires des huileries pour absorber l’excédent de production.

Cet engagement intervient après la décision de l’Etat, à l’occasion du Conseil ministériel restreint, tenu le 20 décembre 2019, d’accorder sa garantie pour un financement supplémentaire à hauteur de 100 millions de dinars, destiné aux achats de l’ONH.

La Tunisie est le pays le plus célèbre de la région sud de la Méditerranée pour la culture de l’olivier et plus de 30% de ses terres agricoles sont consacrées aux oliviers (1,68 million d’hectares). (Anadolou)

Tags : Tunisie, Kaïes Said, agriculture,

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